Ce billet d'humeur est particulier par rapport à mes productions habituelles sur la mission locale, l'insertion, les jeunes et la sociologie. Je profite de ce blog pour m'exprimer vis à vis de
mon positionnement face à une thèse de sociologie.
En juillet 2009, j'ai soutenu mon mémoire de Master 2 recherche (mention bien) sur le métier de conseiller mission locale que j'ai plutôt réussi et à partir duquel le jury a jugé que j'étais
capable de faire la fameuse thèse de sociologie.
Ayant obtenu un Master 2 professionnel Stratégies de Développement Social (mention bien), je me suis orienté vers un métier de chargé de mission en politique de la ville.
Toutefois, il faut bien dire que je n'ai pas eu le choix et que je ne pourrai (sûrement) jamais faire une thèse de sociologie.
Tout d'abord, pour faire une thèse de sociologie, il faut obtenir des financements à double titre : une reconnaissance institutionnelle de la pertinence des travaux menés et un moyen de
subsistance, en sachant que les allocations et différentes bourses sont limitées à quelques chanceux étudiants.
L'obtention d'un financement est un moyen de sélection servant à éliminer du jeu universitaire les étudiants qui ne peuvent pas prendre le risque socialement de faire une thèse devant le
calcul coût/avantages.
La régle : pas d'étudiants en thèse si pas de financements va s'institutionnalisée laissant au bord de l'autoroute, derrière la barrière de sécurité, des étudiants mériants et travailleurs qui se
sont engagés dans leurs études tout au long du LMD.
En effet, on écarte du champ de la recherche des étudiants capables de produire du savoir pertinent dans le débat social et politique dans une société en perpétuelle questionnement sur son
fonctionnemment.
La raison économique empêche des étudiants de réaliser le but qu'ils se sont fixés construit tout au long de leur cursus de cinq années de sociologie. Pour avoir consulté plusieurs CV de
sociologues, j'ai constaté que peu sont passés par la voie classique du LMD, beaucoup on fait les classes préparatoires, les grandes écoles, école normale su^érieures science po...Se sont en
général les étudiants avec ce genre de parcours scolaire et prestigieux qui obtiennent les financements.
Faut il croire qu'un étudiant inscrit en premier année de licence de sociologie a une chance minime de faire une thèse ? A quoi bon apprendre en L1, L2, L3, M les méthodes d'enquêtes
sociologiques, préparer des projets, faire des stages ?
voici mon mémoire de sociologie soutenu à l'université de Lille3 en juillet 2009. Le mémoire fait l'objet d'un copyright, pour rappel le plagiat est interdit.
" Le métier de conseiller en mission locale :
D’une socio-histoire à une monographie de
l’accompagnement. "
Les informations nominatives contenues dans le CIVIS feront l’objet d’un traitement informatisé dans les conditions prévues par
la loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. Cette loi donne au bénéficiaire droit d’accès et de rectification
pour les données le concernant. Sa demande doit être adressée à la structure opérateur ou à la Délégation régionale du CNASEA, organisme payeur de l’allocation.
Contrat d’insertion
dans la vie sociale
Articles L.322-4-17-1 à L.322-4-17-4
et D.322-10-5 à D.322-10-11
du code du travail
CIVISç0ç0ç0ç ç ç ç ç0ç0ç ç00ç0ç0ç0ç ç0ç0ç ç ç
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département mois
année code opérateur n° d’ordre avenant
Date de début du contrat
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Date de fin du présent
contrat :ç? ç? çç? ç? çç? ç? ç
Le présent contrat est un contrat initial ou son renouvellement n°ç? ç
Le présent contrat est signé ou renouvelé pour une durée d’un an.
Engagements réciproques :
L’opérateur accompagne et soutient le(a) bénéficiaire dans ses démarches d’insertion professionnelle et sociale, en mettant en œuvre de façon
concertée les actions lui permettant d’accéder à un emploi durable. Il met à sa disposition un référent nommément désigné pour assurer l’accompagnement, qui peut être renforcé si
le bénéficiaire est sans qualification. En ce cas, le référent et le(a) bénéficiaire ont au moins un entretien par semaine, durant les trois premiers mois du contrat initial et,
ensuite, au moins une fois par mois jusqu’au terme de l’accompagnement.
Le(a) bénéficiaire participe activement aux actions convenues, honore les rendez-vous qui lui sont fixés, fournit tout justificatif nécessaire au
suivi de son parcours et, d’une façon générale, respecte les engagements pris dans le cadre du CIVIS.
Le bénéficiaire majeur, auquel est attribuée une allocation, déclare chaque mois à l’opérateur les éléments nécessaires à la détermination du
montant mensuel de l’allocation et certifie la sincérité des informations communiquées. A défaut, ou en cas de manquement à ses engagements contractuels, il s’expose à la
suspension, à la suppression, voire au reversement des sommes indûment perçues, après avoir été mis à même de présenter ses observations.
Le présent contrat prend fin au terme concluant de la période d’essai d’un emploi d’une durée au moins égale à six mois ; six mois après
que son bénéficiaire ait créé ou repris une activité non salariée ; ou bien lorsque le(a) bénéficiaire a atteint son 26ème anniversaire. Il peut également y être
mis fin avant terme en cas de manquement du bénéficiaire à ses engagements contractuels. Celui-ci doit avoir été préalablement invité à fournir ses explications.
Contrat d’insertion dans la vie sociale
Le projet d’insertion professionnelle
L’accompagnement pour la durée du contrat, est assuré par :
M. ou Mme, conseiller(ère)-référent.
Le projet professionnel porte sur :
Ce projet porte notamment sur une orientation vers des métiers repérés localement par le service public de l’emploi.
Les étapes envisagées dans la réalisation du projet sont :
Etape N° 1 :
Etape N° 2 :
Etape N° 3 :
Etape N° 4 :
Etape N° 5 :
Cette liste est susceptible d’évoluer en fonction des opportunités rencontrées, de l’enrichissement ou de l’évolution du projet.
Commentaires éventuels :
Les signataires déclarent avoir pris connaissance des conditions générales et particulières du présent contrat et s’engagent à les respecter.
Il certifient l’exactitude des renseignements qui les concernent.
Schwartz a interrogé tous les professionnels qui étaient en contact sur le terrain avec les jeunes. Il a reçu 400
rapports de proposition de la part d’enseignants, de conseiller en centre d’information et d’orientation, d’agents de l’ANPE, de l’AFPA, de travailleurs sociaux et de directeurs de MJC. Ces
professionnels constatent que des centaines de milliers de jeunes sont sans formation, sans emploi, sans logement, sans argent.
L’idée de Schwartz est qu’il faut mettre en
adéquation l’insertion professionnelle et l’insertion sociale. Il ne suffit plus comme c’était le cas la deuxième moitié des années 70 d’améliorer la formation professionnelle des jeunes
demandeurs d’emploi ou d’intégrer professionnellement les jeunes par des stages. Il est impossible de séparer les problèmes des jeunes et les solutions de formation, d’emploi, de logement, de
santé parce que ces éléments sont en interaction. Un « guichet unique » s’avère utile. L’insertion sociale consiste à ce que les jeunes deviennent autonomes et responsables. Il faut
donner une qualification sociale et professionnelle pour que les jeunes deviennent employables. Les jeunes se doivent d’être acteur de leur vie. Un suivi personnalisé est nécessaire. Il est
important qu’une structure soit présente dans les quartiers « sensibles » et prioritaires au niveau du développement local. Schwartz préconise que cette structure élabore un partenariat
entre les collectivités territoriales, les organisations chargées de l’insertion professionnelle et sociale des jeunes et les entreprises.
Pour Schwartz : « Il faut agir
et travailler au plus près des jeunes. Mettre un nom sur visage, un visage sur un nom. ». Il ne faut pas apporter des réponses ponctuelles à la crise qui frappe les jeunes. Pour lui :
« le cloisonnement régnait jusqu’à alors en matière d’insertion des jeunes. Il ne faut plus traiter à part chaque point particulier de la vie des jeunes, mais prendre en compte la
globalité. Les divers problèmes étant en interaction constante.» Schwartz s’adresse aux structures en charge de l’insertion des jeunes de la façon suivante : « Vous avez
l’habitude travailler séparé, chacun dans votre coin, alors que successivement vous recevez le même public. Quittez vos bastions, retrouvez vous en un même lieu, changez vos habitudes, ayez le
souci de la concertation. »
L’ordonnance n°82-273 du 26 mars 1982 confirma
les mesures du rapport Schwartz destinées à assurer aux jeunes de seize à dix-huit ans une qualification professionnelle et à faciliter leur insertion sociale :
« Article premier - La qualification professionnelle et l’insertion sociale des jeunes gens et jeunes filles de seize à dix-huit ans constituent une obligation nationale. L’État, les
collectivités locales, les établissements publics, les établissements d’enseignement, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales ainsi que les entreprises y
concourent par la mise en œuvre des actions ci-après :
1 Des actions d’accueil, d’information et d’orientation ayant pour objet, notamment, d’informer les jeunes sur les possibilités d’entrée en formation et de proposer à leur choix un processus
d’insertion sociale et de qualification professionnelle ;
2 Des actions d’orientation approfondie ayant pour objet d’aider des jeunes dont l’orientation présente des difficultés particulières à choisir les voies les plus appropriées pour leur permettre
d’acquérir une qualification professionnelle et d’assurer ainsi leur insertion sociale ;
3 Des actions de formation alternée ayant pour objet l’acquisition d’une qualification, la préparation à un emploi et l’insertion sociale.
Article deuxième - Les actions définies à l’article premier s’adressent aux jeunes de seize à dix-huit ans qui, ne se trouvant pas en cours de scolarité, ne sont liés ni par un contrat
d’apprentissage ni par un contrat de travail ».
Les permanences d’accueil d’insertion et d’orientation (PAIO) sont crées par cette ordonnance. Elles sont
destinées à informer les 16-18 ans sur les possibilités d’orientation et de formation. Elles sont structurées par un organisme support : GRETA, CIO. Elles vont être remplacées
progressivement pendant les années 80 par les missions locales. Les missions locales couvrent un public plus vaste (16-25 ans) et ne traitent pas seulement les problèmes liés à la formation et
l’emploi des jeunes.
C’est à partir du rapport Schwartz que les missions locales sont fondées par l’ordonnance du 26 mars 1982 qui
stipule :
« La qualification professionnelle et l'insertion sociale des jeunes gens et jeunes filles de seize à dix-huit ans constituent une obligation nationale. L'État, les collectivités locales, les
établissements publics, les établissements d'enseignement, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales ainsi que les entreprises y concourent. Les Missions
Locales ont pour objet d'aider les jeunes à résoudre l'ensemble des problèmes que pose leur insertion sociale et professionnelle ».
La circulaire du 9 avril 1982 précise le rôle dévolu aux missions locales : « Elles suivent les jeunes pendant leur période de formation ; elles les aident à construire un itinéraire
d'insertion sociale et professionnelle et en assurent le suivi. Elles sont un relais entre le jeune et les organismes de formation. Elles se préoccupent de l'ensemble des problèmes d'insertion
sociale qui se posent aux jeunes : vie quotidienne, logement, loisirs, santé… Elles recherchent, en relation notamment avec l'ANPE, les organismes de formation et les employeurs, des réponses
inédites aux problèmes d'insertion, de formation et d'emploi qui se posent localement aux jeunes ».
La loi de 1982 sur la décentralisation a impulsé la création des missions locales et le travail en réseaux des
collectivités locales au niveau de l’insertion sociale et professionnelle.
La mise en place des missions locales en 1982 répondait a un objectif
fondamental : résoudre les problèmes de la précarité des jeunes en aidant les 16-18 ans (puis les 16-25 ans à partir de 1984) à intégrer le marché du travail. Il est devenu nécessaire de
mettre en place un espace d’accueil, d’aide et de suivi au plus près des jeunes. La mission locale s’est imposée comme une institution dont le rôle est de coordonner les acteurs de l’insertion.
La mission locale est une institution créée spécialement pour les jeunes.