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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 13:33

Ce billet d'humeur est particulier par rapport à mes productions habituelles sur la mission locale, l'insertion, les jeunes et la sociologie. Je profite de ce blog pour m'exprimer vis à vis de mon positionnement face à une thèse de sociologie.

 

En juillet 2009, j'ai soutenu mon mémoire de Master 2 recherche (mention bien) sur le métier de conseiller mission locale que j'ai plutôt réussi et à partir duquel le jury a jugé que j'étais capable de faire la fameuse thèse de sociologie.

 

Ayant obtenu un Master 2 professionnel Stratégies de Développement Social (mention bien), je me suis orienté vers un métier de chargé de mission en politique de la ville.

 

Toutefois, il  faut bien dire que je n'ai pas eu le choix et que je ne pourrai (sûrement) jamais faire une thèse de sociologie.

 

Tout d'abord, pour faire une thèse de sociologie, il faut obtenir des financements à double titre : une reconnaissance institutionnelle de la pertinence des travaux menés et un moyen de subsistance, en sachant que les allocations et différentes bourses sont limitées à quelques chanceux étudiants.

 

L'obtention d'un financement est un moyen de sélection  servant à éliminer du jeu universitaire les étudiants qui ne peuvent pas prendre le risque socialement de faire une thèse devant le calcul coût/avantages.

 

La régle : pas d'étudiants en thèse si pas de financements va s'institutionnalisée laissant au bord de l'autoroute, derrière la barrière de sécurité, des étudiants mériants et travailleurs qui se sont engagés dans leurs études tout au long du LMD.

 

En effet, on écarte du champ de la recherche des étudiants capables de produire du savoir pertinent dans le débat social et politique dans une société en perpétuelle questionnement sur son fonctionnemment.

 

La raison économique empêche des étudiants de réaliser le but qu'ils se sont fixés construit tout au long de leur cursus de cinq années de sociologie. Pour avoir consulté plusieurs CV de sociologues, j'ai constaté que peu sont passés par la voie classique du LMD, beaucoup on fait les classes préparatoires, les grandes écoles, école normale su^érieures science po...Se sont en général les étudiants avec ce genre de parcours scolaire et prestigieux qui obtiennent les financements.

Faut il croire qu'un étudiant inscrit en premier année de licence de sociologie a une chance minime de faire une thèse ? A quoi bon apprendre en L1, L2, L3, M les méthodes d'enquêtes sociologiques, préparer des projets, faire des stages ?

 

 

 

 

 

Published by jean-christophe chantrelle
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 18:06
Bonjour
 
Voici mon article publié dans la Revue horizon - numéro 3 - Varia : sociologies du monde, mondes sociologiques

clicquez ici ink
Published by jean-christophe chantrelle
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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 14:25
Bonjour,

voici mon mémoire de sociologie soutenu à l'université de Lille3 en juillet 2009. Le mémoire fait l'objet d'un copyright, pour rappel le plagiat est interdit.

" Le métier de conseiller en mission locale :
D’une socio-histoire à une monographie de
l’accompagnement. "

link pour consulter le mémoire clickez sur link

merci
Published by jean-christophe chantrelle - dans Présentation
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 22:58

Contrat “ CIVIS ”

 

 

 

Ministère de l’Emploi, du Travail

et de la Cohésion sociale

 

Secrétariat d’État

à l’Insertion professionnelle

des jeunes


 

 

 

Contrat d’insertion

dans la vie sociale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Articles L.322-4-17-1 à L.322-4-17-4

et D.322-10-5 à D. 322-10-11

du code du travail

 

Les informations nominatives contenues dans le CIVIS feront l’objet d’un traitement informatisé dans les conditions prévues par la  loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. Cette loi donne au bénéficiaire droit d’accès et de rectification pour les données le concernant. Sa demande doit être adressée à la structure opérateur ou à la Délégation régionale du CNASEA, organisme payeur de l’allocation.

 

 

 


Contrat d’insertion

dans la vie sociale

Articles L.322-4-17-1 à L.322-4-17-4

et D.322-10-5 à D.322-10-11

du code du travail

CIVIS ç0 ç0 ç0 ç ç ç ç ç0 ç0 ç ç00 ç0 ç0 ç0 ç ç0 ç0 ç ç ç    ç0 ç

           département   mois    année     code opérateur     n° d’ordre    avenant

Date de début du contrat initial :                      ç ç çç? ç? çç? ç? ç

Date de fin du présent contrat :                        ç? ç? çç? ç? çç? ç? ç

N° dossier Parcours 3 ç0 ç0 | 0 ç0 ç0 çç? ç? ç? ç? çç0 ç0 ç? ç? ç? ç? ç

                                   A renseigner par l’opérateur

 

Le(a) jeune bénéficiaire

M.   Mme     Mlle

Nom d’usage : 

Pour les femmes mariées, nom de naissance : 

Prénom : 

Né(e) le : ç? ç? ç   ç? ç? ç   ç? ç? ç ? ç? ç

à (ville)              (dept, pays)

Nationalité :  France        Union Européenne                                  Autre

Adresse :

 

Code Postal : ç? ç? ç? ç? ç? ç  Commune :

Niveau actuel de formation : ç? ç? ç

 

Le(a) jeune est-il(elle) susceptible de bénéficier de l’allocation ?   Oui       Non

Si oui, dispose-t-il d’un compte bancaire ou postal ?   Oui       Non

 

L’opérateur (la mission locale ou PAIO)

Dénomination :  Mission Locale de ...

Adresse :   XXXXXXXXXX  -  xxxxxxxxxx

Code Postal :  00000       Commune : XXXXXXXXXXXXX

Convention régionale CIVIS N°:  çC çE ç5 ç4 ç0 ç0 ç0 ç0 ç0 ç       Avenant  N°: ç_ ç

 

Le contrat (conditions générales)

Durée du contrat :

Le présent contrat est un contrat initial       ou son renouvellement   ç? ç

Le présent contrat est signé ou renouvelé pour une durée d’un an.

Engagements réciproques :

L’opérateur accompagne et soutient le(a) bénéficiaire dans ses démarches d’insertion professionnelle et sociale, en mettant en œuvre de façon concertée les actions lui permettant d’accéder à un emploi durable. Il met à sa disposition un référent nommément désigné pour assurer l’accompagnement, qui peut être renforcé si le bénéficiaire est sans qualification. En ce cas, le référent et le(a) bénéficiaire ont au moins un entretien par semaine, durant les trois premiers mois du contrat initial et, ensuite, au moins une fois par mois jusqu’au terme de l’accompagnement.

Le(a) bénéficiaire participe activement aux actions convenues, honore les rendez-vous qui lui sont fixés, fournit tout justificatif nécessaire au suivi de son parcours et, d’une façon générale, respecte les engagements pris dans le cadre du CIVIS.

Le bénéficiaire majeur, auquel est attribuée une allocation, déclare chaque mois à l’opérateur les éléments nécessaires à la détermination du montant mensuel de l’allocation et certifie la sincérité des informations communiquées. A défaut, ou en cas de manquement à ses engagements contractuels, il s’expose à la suspension, à la suppression, voire au reversement des sommes indûment perçues, après avoir été mis à même de présenter ses observations.

Le présent contrat prend fin au terme concluant de la période d’essai d’un emploi d’une durée au moins égale à six mois ; six mois après que son bénéficiaire ait créé ou repris une activité non salariée ; ou bien lorsque le(a) bénéficiaire a atteint son 26ème anniversaire. Il peut également y être mis fin avant terme en cas de manquement du bénéficiaire à ses engagements contractuels. Celui-ci doit avoir été préalablement invité à fournir ses explications.

 

 

Contrat d’insertion dans la vie sociale

 

 

Le projet d’insertion professionnelle

 

L’accompagnement pour la durée du contrat, est assuré par :

 

M. ou Mme, conseiller(ère)-référent.

 

 

 

Le projet professionnel porte sur :

 

 

 

 

 

Ce projet porte notamment sur une orientation vers des métiers repérés localement par le service public de l’emploi.

 

Les étapes envisagées dans la réalisation du projet sont :

Etape N° 1 :

Etape N° 2 :

Etape N° 3 :

Etape N° 4 :

Etape N° 5 :

 

Cette liste est susceptible d’évoluer en fonction des opportunités rencontrées, de l’enrichissement ou de l’évolution du projet.

 

Commentaires éventuels :

 

 

 

Les signataires déclarent avoir pris connaissance des conditions générales et particulières du présent contrat et s’engagent à les respecter.

 

Il certifient l’exactitude des renseignements qui les concernent.

 

Fait à                                                     le                                                                                                          

Le(a) bénéficiaire                                                                L’opérateur,

                                                                                                             

 

                                                                                                             

                                                                                                                            

Published by jean-christophe chantrelle - dans Documents pratiques
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 22:51

Schwartz a interrogé tous les professionnels qui étaient en contact sur le terrain avec les jeunes. Il a reçu 400 rapports de proposition de la part d’enseignants, de conseiller en centre d’information et d’orientation, d’agents de l’ANPE, de l’AFPA, de travailleurs sociaux et de directeurs de MJC. Ces professionnels constatent que des centaines de milliers de jeunes sont sans formation, sans emploi, sans logement, sans argent.

            L’idée de Schwartz est qu’il faut mettre en adéquation l’insertion professionnelle et l’insertion sociale. Il ne suffit plus comme c’était le cas la deuxième moitié des années 70 d’améliorer la formation professionnelle des jeunes demandeurs d’emploi ou d’intégrer professionnellement les jeunes par des stages. Il est impossible de séparer les problèmes des jeunes et les solutions de formation, d’emploi, de logement, de santé parce que ces éléments sont en interaction. Un « guichet unique » s’avère utile. L’insertion sociale consiste à ce que les jeunes deviennent autonomes et responsables. Il faut donner une qualification sociale et professionnelle pour que les jeunes deviennent employables. Les jeunes se doivent d’être acteur de leur vie. Un suivi personnalisé est nécessaire. Il est important qu’une structure soit présente dans les quartiers « sensibles » et prioritaires au niveau du développement local. Schwartz préconise que cette structure élabore un partenariat entre les collectivités territoriales, les organisations chargées de l’insertion professionnelle et sociale des jeunes et les entreprises.

 

            Pour Schwartz : « Il faut agir et travailler au plus près des jeunes. Mettre un nom sur visage, un visage sur un nom. ». Il ne faut pas apporter des réponses ponctuelles à la crise qui frappe les jeunes. Pour lui : « le cloisonnement régnait jusqu’à alors en matière d’insertion des jeunes. Il ne faut plus traiter à part chaque point particulier de la vie des jeunes, mais prendre en compte la globalité. Les divers problèmes étant en interaction constante.» Schwartz s’adresse aux structures en charge de l’insertion des jeunes de la façon suivante : « Vous avez l’habitude travailler séparé, chacun dans votre coin, alors que successivement vous recevez le même public. Quittez vos bastions, retrouvez vous en un même lieu, changez vos habitudes, ayez le souci de la concertation. »

 

            L’ordonnance n°82-273 du 26 mars 1982 confirma les mesures du rapport Schwartz destinées à assurer aux jeunes de seize à dix-huit ans une qualification professionnelle et à faciliter leur insertion sociale :

« Article premier - La qualification professionnelle et l’insertion sociale des jeunes gens et jeunes filles de seize à dix-huit ans constituent une obligation nationale. L’État, les collectivités locales, les établissements publics, les établissements d’enseignement, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales ainsi que les entreprises y concourent par la mise en œuvre des actions ci-après :

1 Des actions d’accueil, d’information et d’orientation ayant pour objet, notamment, d’informer les jeunes sur les possibilités d’entrée en formation et de proposer à leur choix un processus d’insertion sociale et de qualification professionnelle ;

2 Des actions d’orientation approfondie ayant pour objet d’aider des jeunes dont l’orientation présente des difficultés particulières à choisir les voies les plus appropriées pour leur permettre d’acquérir une qualification professionnelle et d’assurer ainsi leur insertion sociale ;

3 Des actions de formation alternée ayant pour objet l’acquisition d’une qualification, la préparation à un emploi et l’insertion sociale.

Article deuxième - Les actions définies à l’article premier s’adressent aux jeunes de seize à dix-huit ans qui, ne se trouvant pas en cours de scolarité, ne sont liés ni par un contrat d’apprentissage ni par un contrat de travail
».

 

Les permanences d’accueil d’insertion et d’orientation (PAIO) sont crées par cette ordonnance.  Elles sont destinées à informer les 16-18 ans sur les possibilités d’orientation et de formation. Elles sont structurées par un organisme support : GRETA, CIO. Elles vont être remplacées progressivement pendant les années 80 par les missions locales. Les missions locales couvrent un public plus vaste (16-25 ans) et ne traitent pas seulement les problèmes liés à la formation et l’emploi des jeunes.

 

C’est à partir du rapport Schwartz que les missions locales sont fondées par l’ordonnance du 26 mars 1982 qui stipule :

« La qualification professionnelle et l'insertion sociale des jeunes gens et jeunes filles de seize à dix-huit ans constituent une obligation nationale. L'État, les collectivités locales, les établissements publics, les établissements d'enseignement, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales ainsi que les entreprises y concourent. Les Missions Locales ont pour objet d'aider les jeunes à résoudre l'ensemble des problèmes que pose leur insertion sociale et professionnelle
».

La circulaire du 9 avril 1982 précise le rôle dévolu aux missions locales : « Elles suivent les jeunes pendant leur période de formation ; elles les aident à construire un itinéraire d'insertion sociale et professionnelle et en assurent le suivi. Elles sont un relais entre le jeune et les organismes de formation. Elles se préoccupent de l'ensemble des problèmes d'insertion sociale qui se posent aux jeunes : vie quotidienne, logement, loisirs, santé… Elles recherchent, en relation notamment avec l'ANPE, les organismes de formation et les employeurs, des réponses inédites aux problèmes d'insertion, de formation et d'emploi qui se posent localement aux jeunes ».

 

La loi de 1982 sur la décentralisation a impulsé la création des missions locales et le travail en réseaux des collectivités locales au niveau de l’insertion sociale et professionnelle.

La mise en place des missions locales en 1982 répondait a un objectif fondamental : résoudre les problèmes de la précarité des jeunes en aidant les 16-18 ans (puis les 16-25 ans à partir de 1984) à intégrer le marché du travail. Il est devenu nécessaire de mettre en place un espace d’accueil, d’aide et de suivi au plus près des jeunes. La mission locale s’est imposée comme une institution dont le rôle est de coordonner les acteurs de l’insertion. La mission locale est une institution créée spécialement pour les jeunes.

Published by jean-christophe chantrelle - dans Histoire des missions locales
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 10:41

L’augmentation du chômage des jeunes dans la deuxième moitié des années 70 et au début des années 80 (le taux de chômage au sens du BIT était de 12,1% en 1975 et de 34% en 1985 pour les 15-19 ans et de 6,3% en 1975 et 23,7% en 1985 pour les 20-24 ans) et les milliers de jeunes qui quittent le système scolaire sans diplôme chaque année sont deux raisons principales de la demande du premier ministre socialiste Pierre Mauroy en 1981 d’un rapport auprès du professeur Bertrand Schwartz.

Dans une lettre du juin 1981 Mauroy donne les objectifs et s’adresse à Schwartz de la façon suivante : « L’entrée des jeunes dans la vie active, après la fin de la scolarité, est devenue pour beaucoup d’entre eux une véritable course d’obstacles et une période d’incertitude et de déstabilisation. La crise économique et l’ampleur du chômage ne sont pas seuls responsables de cette situation. L’organisation actuelle du système éducatif, de la formation professionnelle et des services d’information, d’orientation et de placement, les dispositifs d’insertion professionnelle mise en place au cours des dernières années, ainsi que les aides au premier emploi ne procèdent pas d’une conception d’ensemble, mais de la juxtaposition de dispositions parfois contradictoires et souvent conjoncturelles…
Votre étude devra aboutir à un ensemble de propositions permettant d’établir une meilleure articulation de tous les services publics concernés, de telle sorte que les jeunes de cet âge ne soient jamais condamnés au chômage, ni à des emplois par trop précaires, qu’ils aient la possibilité d’acquérir la culture et la formation qui leur permettront de s’adapter aux changements à venir et qu’ils bénéficient des moyens d’orienter leur vie professionnelle vers les emplois qui correspondent le mieux à leurs goûts et à leurs capacités »

 

Les requêtes de P. Mauroy vont être prises en compte par Schwartz dans son rapport.

Published by jean-christophe chantrelle - dans Histoire des missions locales
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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 16:56

Une socialisation institutionnelle est mise en place par la logique de projet et le suivi individualisé.

 

Cette socialisation institutionnelle concerne surtout les jeunes non diplômés ou sans qualification. Les normes sociales transmises sont la responsabilité, l’autonomie, l’assiduité qui sont considérées comme indispensables pour être employable d’après les conseillers en insertion.

 

Pour Mauger, la logique de projet sert à faire intégrer aux jeunes des habitus de responsabilité et d’autonomie. Il permet de mesurer le niveau d’adhésion aux impératifs institutionnels, le degré d’autonomie, la motivation et la capacité de mobilisation des jeunes. La logique de projet est un « instrument de réforme des habitus » selon Mauger. Cette réforme des habitus est produite par une socialisation post-scolaire avec les institutions chargées de l’insertion au travers de la personnalisation des parcours. Les habitus d’autonomie, de responsabilité, d’assiduité sont considérés comme un « savoir-être » apprécié par les employeurs. Les jeunes inscrits à la mission locale sont obligés de prendre des engagements tout comme chez Ingeus.

 

La conjoncture économique est la même que l'on soit public ou privé et les difficultés pour mettre les jeunes en emploi durable ne vont pas épargner les opérateurs privés et n'apporteront à une valeur ajoutée dans l'insertion des jeunes. Ces derniers ont pour objectif 6 mois pour mettre les jeunes à l'emploi, c'est complètement utopique, il n'y a pas une prise en compte temporelle suffisante pour la construction d'un projet professionnel incluant une formation ou des remises à niveau.

 

Finalement les jeunes ne trouvant pas un emploi seront jugés comme non performants, passifs et non concernés par leur insertion. L'état fait porter aux jeunes la responsabilité de ce qui leur arrive. On ne peut pas forcer un jeune qui ne veut pas travailler dans un secteur d'activité comme le BTP qui ne correspond pas à ses attentes. Les opérateurs privés vont mettre la pression sur les jeunes pour toucher la rémunération d’une sortie positive.

 

Les jeunes en ZUS sans emploi sont considérés comme la dernière strate de la file d'attente du marché du travail. Pour certains jeunes ne résidant pas en ZUS, le contrat d'autonomie est discriminatoire parce qu'il ne s'adresse pas à tous les jeunes, il dépend de critères géographiques

Mauger G., 2001, « Les politiques d’insertion, une contribution paradoxale à la déstabilisation du marché du travail », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 136-137, p. 5-14.

Published by jean-christophe chantrelle - dans Contrat d'autonomie
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 16:19

 

Le contrat d'autonomie prévoit un accompagnement individualisé par la construction d'un projet, ce que fait un conseiller mission locale avec les jeunes qu'il suit. Les termes utilisés par les opérateurs privés sont similaires à ceux des missions locales.

 

Le plus étonnant est qu'il existe un Contrat d'Insertion dans la Vie Sociale (CIVIS), utilisée en mission locale pour suivre les jeunes, semblable au contrat d'autonomie. Le CIVIS s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, avec un niveau inférieur au baccalauréat, bref le public pour lequel est destiné le contrat d'autonomie. Une allocation CIVIS peut être perçue même si elle est moins importante que la bourse d'autonomie. Toutefois l'état a actuellement des difficultés pour financer l'allocation CIVIS, on peut être pessimiste pour la bourse d'autonomie de 600 euros par mois. L'effet pervers est que les jeunes quittent le système scolaire pour toucher la bourse d'autonomie.

 

« Il existe donc un risque réel de créer une concurrence entre ces deux dispositifs qui pourrait se traduire par une baisse d'attrait des jeunes pour le CIVIS, alors même qu'il a déjà permis d'accompagner 105 175 jeunes vers un emploi durable », avance l'UNML (Union Nationale des Missions Locales).

 

Ce CIVIS a pour visée l'accompagnement personnalisé des jeunes dans un projet d'insertion en vue d'un emploi durable par une responsabilisation et une autonomisation des jeunes. Les jeunes ne seront pas plus contraints avec le contrat d'autonomie puisque les conseillers missions locales font déjà un travail normatif. Jellab a mis en évidence la dimension sociale et normative présente dans la construction du projet des jeunes pendant leur suivi individualisé.

 

 

 

 

Une socialisation institutionnelle est mise en place par cette logique de projet et ce suivi individualisé.

 

Cette socialisation institutionnelle concerne surtout les jeunes non diplômés ou sans qualification. Les normes sociales transmises sont la responsabilité, l’autonomie, l’assiduité qui sont considérées comme indispensables pour être employable d’après les conseillers en insertion.

http://www.ash.tm.fr/front/flash.php?id=13010

Jellab A., 1998, « De l'insertion à la socialisation. Mission Locale, jeunes 16-25 ans et problématique de l'exclusion », Formation emploi.

Published by jean-christophe chantrelle - dans Contrat d'autonomie
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 14:41
Bonjour,

Je viens d’être diplômé de deux Master 2, l’un professionnel en Stratégies de Développement Social, et l’autre en recherche de sociologie.

Je recherche actuellement un financement pour poursuivre une thèse de sociologie en lien avec les jeunes, l'insertion, l'emploi ou les métiers de la politique de la ville dans le département du nord.

Je echerche particulièrement une structure (association, collectivité territoriale, entreprise) pouvant
m’accueillir dans le cadre d’une bourse CIFRE.

Il s’agit d’un financement par une structure destiné à des thèses réalisées en partenariat avec la structure, sur une thématique directement en relation avec son activité.

Le salaire est versé directement par la structure, qui hérite en contrepartie d’une subvention de l’Agence Nationale pour la Recherche et la Technologie (ANRT). Le sujet proposé doit s’inscrire dans une perspective de développement de la structure et le (la) thésard(e) est co-encadré par un universitaire.

Pour plus de renseignements me contacter jcchantrelle@gmail.com

Merci d’avoir prêté attention à ce message, cordialement,


Published by jean-christophe chantrelle
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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 15:33
 

            Les critiques du contrat d'autonomie sont venues des missions locales par le Synami : Syndicat National des métiers de l'insertion. Les missions locales n'ont pas été consultées paradoxalement l'état leur demande de servir d'appui, en envoyant chez les opérateurs privés, les jeunes répondant aux critères du contrat d'autonomie. Les missions locales considèrent ce contrat comme une privatisation de l'accompagnement global des jeunes. Ils critiquent le marchandage et l'idée de la performance. Une mission locale est une association à but non lucrative tandis qu’un opérateur privé recherche à faire des profits. Les jeunes sont soumis à un contrôle permanent par une responsabilisation individuelle, l'émancipation collective est reléguée au second plan. C’est une mise en emploi rapide par une activation des dépenses passives.

 

La perte de valeurs est critiquée, tout comme la non concertation alors que les missions locales ont une mission de service public, on ignore 27 ans d'action depuis la création avec le rapport Schwartz de 1982 prônant un accompagnement territorialisé, global et individualisé. Avec l'entrée des opérateurs privés, un marché se crée avec l'idée de faire des profits et d'une concurrence privée/public.

On ne parle plus que de placement à l'emploi avec les opérateurs privés alors que la philosophie des missions locales est de résoudre les problèmes sociaux (logement, santé) dans un premier temps avant de penser à l'insertion professionnelle.

 

De plus, les missions locales sont déjà présentes dans les quartiers couverts par le CUCS avec des permanences pour créer une « proximité institutionnelle et sociale », cela va multiplier les intervenants sur le terrain. On peut émettre des doutes sur la façon dont les opérateurs privés vont convaincre les jeunes d'adhérer au contrat d'autonomie surtout si ils ambitionnent de ce rendre dans des associations ou des clubs de sport. Les interrogations portent sur comment va se réaliser cette collaboration et si ces structures accepteront ce partenariat.

 

Une évaluation qualitative n'est pas prévue seule le nombre de jeunes en emploi compte, on peut s'en étonner pour un dispositif qui va coûter 250 millions d'euros sur trois ans. Le coût serait moindre si les missions locales appliqueraient le dispositif parce que l'état n'aurait pas à payer une somme d'argent par jeune inséré. Les missions locales sont évaluées et contrôlées quantitativement avec le logiciel de suivi des jeunes parcours 3 et ont l'obligation d'une démarche qualité. Les conseillers ont des objectifs à atteindre dans les différents programmes, si ce n'est pas le cas les financements publics diminuent.  Les missions locales sont également dans une recherche de performance, pourtant l'état met avant l'argument que les opérateurs privés vont répondre davantage à la « culture du résultat ».

http://reveilcitoyen.org/spip.php?article132

http://cgtmlpaio.org/documents/Plan-Espoir-Banlieues-critique-CGT-Mai-2008.pdf

Schwartz B., 1982, L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, rapport au Premier ministre, La documentation Française.

Canals V., « Vers une approche localisée de l'insertion professionnelle des jeunes faiblement dotés en capital scolaire », Journées du localUniversité Paris 1 - MATISSE - CEREQ, Maison des Sciences économiques 25-26 octobre 2001 Paris.

Protocole 2005 : « Un cadre commun d’évaluation de l’activité du réseau sur le plan national, régional et au niveau de chaque mission locale ou PAIO sera développé, afin de répondre notamment aux questions relatives aux conditions d’intervention, aux réalisations et aux résultats attendus de l’intervention des missions locales ».

Published by jean-christophe chantrelle - dans Contrat d'autonomie
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