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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 17:56

La dégradation visible de la situation des jeunes dans les années 1980 implique un recrutement plus important de salariés non mis à disposition.

 

Davantage de jeunes sans diplôme et sans emploi ont eu besoin d’être accompagnés pour ne pas se retrouver dans une situation de marginalisation.

 

Un travail normatif avec des objectifs à atteindre émerge avec la charte des missions locales en 1990.

 

Cette charte rappelle la coexistence d’un personnel mis à disposition avec des salariés de la ML. La charte insiste sur la construction d’un « itinéraire » avec les jeunes pour qu’ils deviennent des citoyens autonomes et responsables. Le travail des conseillers n’est plus seulement thérapeutique par une transformation sociale, il est devenu normatif.


Le programme TRACE (Trajet d’Accès à l’Emploi) en 1998 a encadré le travail des conseillers en leur imposant de devenir des « relais » de la politique nationale de l’emploi au niveau local pour « homogénéiser » les pratiques d’accompagnement. TRACE a fixé aux missions locales des objectifs à atteindre vers l’emploi durable qui sont déclinés à l’échelle des conseillers.

 

En 2001, la convention collective des missions locales cherchait à fixer un statut aux conseillers afin d’établir un référentiel commun de compétences face à l’hétérogénéité des pratiques sur le territoire. Les conseillers se sont vus attribuer une série d’objectifs de nature diverses à interpréter. La convention collective a fixé un intitulé Conseiller en Insertion Sociale et Professionnelle (CISP) qui correspond à deux emplois repères le CISP de niveau 1 et le CISP de niveau 2, c’est un nouveau brouillage du métier.

La convention collective ne précise pas une formation spécialisée requise pour le métier de conseiller. La politique de recrutement des missions locales est basée sur une « pluralité des profils et des expériences » atypiques. Le parcours antérieur des conseillers détermine une spécialisation informelle au sein de la mission locale en mobilisant des relations ou des compétences d’un emploi précédent.

 

Pendant l’entretien d’embauche le directeur de la mission locale teste la motivation des conseillers pour connaitre leur degré de « sensibilisation au problème de l’insertion » et « leur capacité d’investissement » pour lutter contre le chômage des jeunes, c’est le côté militant. Les conseillers motivent les jeunes à intégrer des parcours d’insertion. Le « relationnel » est important pour nouer une relation de confiance avec les jeunes par l’écoute. C’est l’aspect « fibre sociale » pouvant s’exprimer par de l’empathie en ressentant les émotions des jeunes et en agissant comme un soutien psychologique. C’est un métier qui s’apprend sur le tas notamment les techniques d’entretien.


Farvaque N., L’encadrement des acteurs locaux de l’insertion des jeunes en France in J.-M. Bonvin, F. Varone, « La Nouvelle Gestion Publique »,  Les Politiques Sociales, 1-2, n° spécial, 2004. 

Convention collective nationale des missions locales et PAIO, des maisons de l'emploi et PLIE du 21 février 2001. Etendue par arrêté du 27 décembre 2001, JO du 1er janvier 2002).

Baron C. et alii, Les missions locales et l’innovation, Centre d’Études de l’Emploi, 2004.


Beaud S., Op. Cit.

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Published by jean-christophe chantrelle - dans Histoire des missions locales
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