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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 15:33
 

            Les critiques du contrat d'autonomie sont venues des missions locales par le Synami : Syndicat National des métiers de l'insertion. Les missions locales n'ont pas été consultées paradoxalement l'état leur demande de servir d'appui, en envoyant chez les opérateurs privés, les jeunes répondant aux critères du contrat d'autonomie. Les missions locales considèrent ce contrat comme une privatisation de l'accompagnement global des jeunes. Ils critiquent le marchandage et l'idée de la performance. Une mission locale est une association à but non lucrative tandis qu’un opérateur privé recherche à faire des profits. Les jeunes sont soumis à un contrôle permanent par une responsabilisation individuelle, l'émancipation collective est reléguée au second plan. C’est une mise en emploi rapide par une activation des dépenses passives.

 

La perte de valeurs est critiquée, tout comme la non concertation alors que les missions locales ont une mission de service public, on ignore 27 ans d'action depuis la création avec le rapport Schwartz de 1982 prônant un accompagnement territorialisé, global et individualisé. Avec l'entrée des opérateurs privés, un marché se crée avec l'idée de faire des profits et d'une concurrence privée/public.

On ne parle plus que de placement à l'emploi avec les opérateurs privés alors que la philosophie des missions locales est de résoudre les problèmes sociaux (logement, santé) dans un premier temps avant de penser à l'insertion professionnelle.

 

De plus, les missions locales sont déjà présentes dans les quartiers couverts par le CUCS avec des permanences pour créer une « proximité institutionnelle et sociale », cela va multiplier les intervenants sur le terrain. On peut émettre des doutes sur la façon dont les opérateurs privés vont convaincre les jeunes d'adhérer au contrat d'autonomie surtout si ils ambitionnent de ce rendre dans des associations ou des clubs de sport. Les interrogations portent sur comment va se réaliser cette collaboration et si ces structures accepteront ce partenariat.

 

Une évaluation qualitative n'est pas prévue seule le nombre de jeunes en emploi compte, on peut s'en étonner pour un dispositif qui va coûter 250 millions d'euros sur trois ans. Le coût serait moindre si les missions locales appliqueraient le dispositif parce que l'état n'aurait pas à payer une somme d'argent par jeune inséré. Les missions locales sont évaluées et contrôlées quantitativement avec le logiciel de suivi des jeunes parcours 3 et ont l'obligation d'une démarche qualité. Les conseillers ont des objectifs à atteindre dans les différents programmes, si ce n'est pas le cas les financements publics diminuent.  Les missions locales sont également dans une recherche de performance, pourtant l'état met avant l'argument que les opérateurs privés vont répondre davantage à la « culture du résultat ».

http://reveilcitoyen.org/spip.php?article132

http://cgtmlpaio.org/documents/Plan-Espoir-Banlieues-critique-CGT-Mai-2008.pdf

Schwartz B., 1982, L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, rapport au Premier ministre, La documentation Française.

Canals V., « Vers une approche localisée de l'insertion professionnelle des jeunes faiblement dotés en capital scolaire », Journées du localUniversité Paris 1 - MATISSE - CEREQ, Maison des Sciences économiques 25-26 octobre 2001 Paris.

Protocole 2005 : « Un cadre commun d’évaluation de l’activité du réseau sur le plan national, régional et au niveau de chaque mission locale ou PAIO sera développé, afin de répondre notamment aux questions relatives aux conditions d’intervention, aux réalisations et aux résultats attendus de l’intervention des missions locales ».

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Published by jean-christophe chantrelle - dans Contrat d'autonomie
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commentaires

Elodie 10/08/2014 15:17


Bonjour, 


Ce billet date un peu, je ne sais de ce fait, si vous entretenez toujours ce blog. Cependant, je tenais à y réagir car je m'intéresse aux missions locales et à leurs actions. Je suis actuellement
en M1 de sociologie et je souhaite dans le cadre d'un M2 professionnel, faire porter mon mémoire sur les missions locales, ayant été surprise du nombre limité de publications à leur sujet.
Faisant un parallèle avec d'autres structures qui visent l'insertion professionnelle, je me demandais si les missions locales étaient touchées par les logiques d'activation des demandeurs
d'emploi et plus largement une logique managériale, introduisant des indicateurs de performances de l'action des ML, (management public) qui tendrait à réduire la notion "d'insertion (et donc le
travail de ces acteurs) à de l'insertion professionnelle (quantifiable) au détriment d'un "accompagnement global". J'aurais aimé savoir si vous avez perçu lors de votre enquête la présence de
telle logique. Ma problématique (encore très provisoire) étant de comprendre dans quelles mesures cette injonction étatique visant "d'activation"des chômeurs impactent les pratiques des
conseillers des missions locales ? Ou bien ne sont-elles pas encore concernées par ces logiques... Votre expérience de terrain me serait très utile, pour ne pas faire fausse route. 

jean-christophe chantrelle 27/09/2014 18:29



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