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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 13:33

Ce billet d'humeur est particulier par rapport à mes productions habituelles sur la mission locale, l'insertion, les jeunes et la sociologie. Je profite de ce blog pour m'exprimer vis à vis de mon positionnement face à une thèse de sociologie.

 

En juillet 2009, j'ai soutenu mon mémoire de Master 2 recherche (mention bien) sur le métier de conseiller mission locale que j'ai plutôt réussi et à partir duquel le jury a jugé que j'étais capable de faire la fameuse thèse de sociologie.

 

Ayant obtenu un Master 2 professionnel Stratégies de Développement Social (mention bien), je me suis orienté vers un métier de chargé de mission en politique de la ville.

 

Toutefois, il  faut bien dire que je n'ai pas eu le choix et que je ne pourrai (sûrement) jamais faire une thèse de sociologie.

 

Tout d'abord, pour faire une thèse de sociologie, il faut obtenir des financements à double titre : une reconnaissance institutionnelle de la pertinence des travaux menés et un moyen de subsistance, en sachant que les allocations et différentes bourses sont limitées à quelques chanceux étudiants.

 

L'obtention d'un financement est un moyen de sélection  servant à éliminer du jeu universitaire les étudiants qui ne peuvent pas prendre le risque socialement de faire une thèse devant le calcul coût/avantages.

 

La régle : pas d'étudiants en thèse si pas de financements va s'institutionnalisée laissant au bord de l'autoroute, derrière la barrière de sécurité, des étudiants mériants et travailleurs qui se sont engagés dans leurs études tout au long du LMD.

 

En effet, on écarte du champ de la recherche des étudiants capables de produire du savoir pertinent dans le débat social et politique dans une société en perpétuelle questionnement sur son fonctionnemment.

 

La raison économique empêche des étudiants de réaliser le but qu'ils se sont fixés construit tout au long de leur cursus de cinq années de sociologie. Pour avoir consulté plusieurs CV de sociologues, j'ai constaté que peu sont passés par la voie classique du LMD, beaucoup on fait les classes préparatoires, les grandes écoles, école normale su^érieures science po...Se sont en général les étudiants avec ce genre de parcours scolaire et prestigieux qui obtiennent les financements.

Faut il croire qu'un étudiant inscrit en premier année de licence de sociologie a une chance minime de faire une thèse ? A quoi bon apprendre en L1, L2, L3, M les méthodes d'enquêtes sociologiques, préparer des projets, faire des stages ?

 

 

 

 

 

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Published by jean-christophe chantrelle
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commentaires

Corinne 23/05/2012 20:20


Bonjour. Je suis chargée de projet ML depuis 10 ans et en CIF master 2 socio et DEIS Si vous avez besoin d'informations que ce soit sur les ML ou les opportunités d'études prises en charges,
contactez-moi. à6 67 70 04 49

jean-christophe chantrelle 26/05/2012 16:26



Bonjour,


actuellement je suis chargé de mission en politique de la ville, j'ai du tout abandonner.



Relecture thèse Nantes 06/11/2011 10:45



Il en est de même pour la création des entreprises. Faire une thèse est un investissement, bien entendu à titre personnel mais aussi financier. En tout cas je vous le souhaite



jean-christophe chantrelle 06/11/2011 23:07



Faire une thèse c'est pas du business. Une thèse c'est la production de connaissances.



guy 01/07/2011 10:23



si j'ai bien compris pour que notre pays puisse avoir des thésards en socio ou ailleurs , il s'agit forcément d'un effort de la part des contribuables pour se doter de ces émminents
personnages.!!


Et si on prtait du principe que c'était le socilogue ou nimporte quel master2 qui était motivé pour poursuivre son parcours.


AH mais noni, il y a le fameux obstacle économique et la fameuse question du rapport charges/avantages.!!!!


Dans la vie,il faut choisir.


ce sera confort et pas de thèse ou alors pâtes au beurre, job au mac do encore pendant 3 ans encore et pas la certitude d'avoir au final sa thèse.Il faudra attendre aussi pour fonder une famille!
avoir un Grand Scenic garé devant le beau pavillon à la campagne !...


Si je devais choisir les élites de mon pays , je choisirais ....les plus motivés, les plus talentueux.


Au fait , ceux qui sont passés par les écoles prépa, science po et autres grandes écoles sont ceux d'entre nous qui sont les plus motivés et qui ne se sont pas contentés d'un bac avec mention
...bien!


Aide toi et le ciel t'aidera.


Je connais quelques thésards à tananarive (madagascar, le 5ème pays le plus pauvre au monde) ou médecins qui ont fait leurs études à l'université de tana, sans bourse, ni tel portable, ni
voiture, ni autre artifice . Et il y en a d'autres. Comment ont ils fait?


Ce n'est pas toujours aux petits con tribuables de payer la note.


En réalité vous oubliez l'essentiel.VOTRE ENVIE. Et c'est tellement plus pratique de rejeter la faute sur le système méchant, injuste qui au passage vous a permis de folâtrer jusqu' en master 2
... c'est à dire 17 ans de formation gratis...


A quand le retour sur investissement?


Lorsque vous serez émminent, n'oubliez pas de payer vos impôts avec le sourire reconnaissant d'un pays au bord de la faillite qui ne vous a envoyé ni au front, ni à la mine, ne vous a pas fait
dormir dans un bidonville et vous a permis de faire les études  que Vous avez choisies.


Quant à l'éternelle question du choix du moment de la séléction évoquée dans un précédent commentaire, il est bien clair que personne n'apprécie ce moment et qu'il y a toujours de la rancoeur à
être éliminé à un moment ou à un autre. La france sélectionne toujours de plus en plus tard. Signe d'un pays riche qui peut se permettre de remettre à demain... et pour faire taire vox populi qui
trouve que la sélection est toujours trop précoce.


Heureux nos intellectuels pour qui les questions matérielles et économiques ne sont pas premières.


Mais gare! lorsque cell-ci les rattrappent


 


 



jean-christophe chantrelle 06/11/2011 23:18



ok tous les parcours demandent des sacrifices. Je pense que ce n'est pas à l'état de payer les formations de thésards. Cependant c'est à lui d'intégrer les sociologues pour leur capacité
d'expertises. Ne faisons pas de misérabilismes, mais revendiquons le droit à la reconnaissance. Je n'ai pas fait de thèses mais je suis épanoui dans mon job. J'ai pu faire des études grace à ma
famille, mes rencontres dans mon parcours et ma volonté de réussite. L'accès à la fac est gratuit. Les étudiants ne sont pas tous des boursiers. Certains viennent de milieux modestes et
travaillent pour se loger, manger, se déplacer, acheter des livres, développer culturellement.



GODEFROY Yann 15/09/2010 10:39



Bonjour,


Quand on veut on peut. Depuis la Maîtrise, j'ai travaillé (au départ des petits boulots, puis un licenciement économique et enfin un travail stable en Mission
locale...) et en parallèle continué un cursus universitaire qui a conduit à l'obtention d'une thèse en Sciences de l'éducation à l'âge de 38 ans. De plus, mon domicile était à plus
de  200 km de la fac. Donc beaucoup de contraintes, de doutes, peu de frics, mais sûrement aussi beaucoup plus de motivations que certains doctorants de moins de  26 ans
avec leur bourse doctorale.


Ma thèse porte également sur les jeunes dits en difficulté fréquentant une Mission locale, je serais honoré de pouvoir lire votre travail de Master 2 professionnel Stratégies de
Développement Social.


Cordialement


Yann Godefroy


godefroyyann@yahoo.fr



Verklarte 04/07/2010 23:00



D'accord sur la question de l'orientation. Cela confirme une évidence : il faut instaurer une sélection orientation à l'entrée de la Fac ou bien dire que la fac sert pour la culture, que c'est un
luxe que la france s'offre, pour former des citoyens éclairés - et que cela n'a pas de rapport avec l'emploi. Si cette hypothése est la bonne, il faut en informer les étudiants et leur faire
signer un contrat : je vais enfac pour la culture, pas pour l'emploi; On verra après.


Courage