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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 22:36
La logique de projet des jeunes est axée sur le suivi individualisé. Beaud S. dans, « Stage ou formation ? Les enjeux d'un malentendu. Notes ethnographiques sur une Mission Locale pour l'Emploi » Travail et emploi, n°62, avril-juin 1996, montre que le suivi des jeunes est une action d’accompagnement continue. Il implique une prise en charge institutionnelle du fait de l’allongement des parcours des jeunes en insertion. Chaque jeune a un dossier de suivi dans lequel figurent plusieurs éléments : les données biographiques, scolaires, professionnelles, le projet initial, les demandes des jeunes, la date des entretiens les propositions des conseillers, les solutions envisagées (expl : stages, formation …), les démarches à effectuer, les dispositifs dans lesquels sont entrées les jeunes, si les jeunes se sont rendus aux rendez-vous de l’ANPE ou aux entretiens d’embauche, les problèmes sociaux des jeunes (famille, logement). Le suivi sert à retracer les différentes étapes du projet des jeunes. Ce suivi permet aux jeunes de se socialiser au contact des conseillers en apprenant l’autonomie, la ponctualité et à avoir des responsabilités. Le suivi s’interrompt lorsque les jeunes ne se rendent plus aux rendez-vous ou ont trouvé un emploi. Des jeunes reviennent à la mission locale parce qu’ils étaient en intérim ou en CDD. Ces jeunes en situation précaire alternent des périodes d’emploi et des périodes de suivi par les conseillers.
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:05
Les missions locales partent du principe que les jeunes ne sont pas autonomes, responsables et assidus. D’après les missions locales, il nécessaire de faire intégrer ces normes sociales aux jeunes par cette logique de projet individualisé.

Jellab dans l’article « De l'insertion à la socialisation. Mission Locale, jeunes 16-25 ans et problématique de l'exclusion », Formation emploi, 1998 à partir d’observations, d’entretiens avec des conseillers et des jeunes dans une mission locale de Béthune, distingue plusieurs principes de la logique de projet.« Le jeune doit préciser ses objectifs et exprimer un projet professionnel réaliste en fonction de ses aptitudes, des possibilités de réalisation par rapport aux opportunités locales de formation et selon les opportunités professionnelles offertes par sa qualification. »

« Le jeune doit apprendre à gérer son temps et à être assidu.Le jeune doit savoir tenir un calendrier, noter l’ensemble des démarches à effectuer et respecter les rendez-vous fixés. Le jeune doit prendre des engagements et devenir autonome et responsable. »

Cette logique de projet représente « une prescription institutionnelle » qui est une expression utilisée par Jellab. Pour Jellab, dans le même article, « Ces quelques apprentissages socioinstitutionnels semblent définir les contours d’un nouveau champ d’action. Etre ponctuel, responsable, présentable constituent des signes de socialisation évalués institutionnellement à partir des démarches conseillées et entreprises par le jeune. »
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 00:25

Vincent Dubois s’est intéressé à la relation d’assistance entre les conseillers des caisses d’allocations familiales et les usagers en réalisant des observations directes au guichet d’une CAF. Il a observé 900 interactions. Il est possible de faire un parallèle entre l’interaction conseillers caf/usagers observé par V. Dubois et l’interaction conseillers en insertion/jeunes. Á la CAF comme dans les missions locales la relation repose sur une assistance morale personnalisée. Les jeunes et les usagers CAF expriment des détresses et des souffrances à leur conseiller. Dans les deux cas, c’est une rencontre entre conseillers et demandeurs d’aides où chacun des acteurs ont des représentations et des stratégies. Les conseillers en mission locale ou en CAF ne peuvent pas se contenter d’une action impersonnelle et standardisée parce que les situations des usagers sont singulières au niveau de leurs caractéristiques biographiques et de leurs parcours. Le traitement est réalisé en fonction de l’individu.

Des tensions existent entre les conseillers et les usagers, les jeunes ou les usagers de la CAF refusent parfois d’adhérer aux injonctions institutionnelles qui constituent des préalables pour être assisté. De part les entretiens individualisés, les conseillers transmettent une socialisation avec la volonté de faire intégrer les normes, les valeurs et les règles considérées comme nécessaires par les institutions pour s’insérer. Cela se traduit par une contractualisation entre conseillers et usagers. Les usagers de la CAF ou les jeunes inscrits dans les missions locales construisent des identités sociales au contact des conseillers qui vont impliquer des stratégies face aux conseillers. L’assistance constitue un enjeu dans l’interaction conseillers/jeunes.

Dubois Vincent, 1999 La vie au guichet : Relation administrative et traitement de la misère, Economica, collection Etudes politiques, Paris.

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 20:58

Les conseillers gèrent les jeunes sans les insérés durablement. Ils sont dans l’impossibilité de fluidifier les stocks, ils ne maîtrisent l’arrivée de nouveaux jeunes à cause de la conjoncture économique.


Si les jeunes ont la chance de trouver un emploi c’est le plus souvent un contrat précaire signifiant un retour à la mission locale, d’où l’idée que le conseiller en mission locale est un intermédiaire du marché secondaire du travail.


Les conseillers occupent les jeunes pour ne pas les rendre inactifs et gèrent le non emploi. Les jeunes sont positionnées sur des activités sans lien évideny avec leur projet afin qu’ils ne se détournent pas de la mission locale. Le risque de ne rien proposer à un jeune est qu’il ne revienne plus et échappe au dispositif.

 

Robert Castel, Les métamorphoses de la question scoiale, une chronique du salariat, Fayard, 1995 :


« Si la gestion de l’emploi est confié au niveau local, c’est qu’elle n’a pas trouvé sa solution ailleurs, au niveau des politiques globales. Elle risque de devenir la gestion du non-emploi à travers la mise en place d’activités qui s’inscrivent dans cette absence, en essayant de la faire oublier ».

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 20:41

Le mandat (cf Hughes) des conseillers en mission locale est éclaté en une mosaïque de groupes d’activités : tenir une permanence, accueillir, informer, orienter, accompagner, le dépannage par les aides, les temps d’autoréflexion sur la pratique et la participation à des événements.

 

Les actes auprès des jeunes ne sont possibles que par un travail informel par de la sociabilité ou en ayant de l'empathie pour créer une proximité et faire accepter certaines propositions sur des actions.

 

S. Beaud dans « Un cas de sauvetage social. Histoire d’une jeune précaireracontée par un conseiller de mission locale », Travail et emploi (1996), raconte le parcours d’une jeune sans qualification avec des problèmes de santé, familiaux qui va par des interactions avec son conseiller prendre confiance, changer son comportement et obtenir un CDI dans la restauration.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 20:54

La valorisation des expériences dans le recrutement est faite pour créer de l’innovation par une spécialisation informelle, selon un rapport du centre d’étude de l’emploi, les missions locales et l’innovation (2004).

Ce qui est attendu, dans le recrutement des agents d’insertion, pour Guyennot dans L’insertion. Discours, politiques et pratiques (1998) c’est un savoir relationnel auprès des jeunes par une fibre sociale, en étant motivé pour aider les jeunes, par l’écoute, de l’empathie ou de la sollicitude.

On peut appliquer le concept de licence d’Hughes à celui de conseiller mission locale. Lui il entend par licence un doit d’exercer par la qualification, pour le conseiller mission locale c’est un droit d’exercer par les compétences de l'expérience et relationnelles.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 20:44

J. Gadrey, économiste et spécialiste de la socioéconomie des services à modéliser l’approche de la relation de Goffman dans l’ouvrage L’économie des services, Paris, La Découverte (coll. Repères), 2003 de la manière suivante :

 


 

On peut appliquer ce modèle à la relation conseiller en insertion-jeune.

 

A = Le conseiller d’insertion.

B = Le jeune.

C = Accès à un emploi stable.

 

L’interaction entre conseiller en insertion et jeune repose sur les trois formes : technique, contrat et civilité. Il existe une proximité et un lien étroit entre le conseiller en insertion et le jeune qui sont dans une situation de coproduction. Cette coproduction doit permettre au jeune de construire un projet menant à un emploi stable. L’objectif est de passer d’une situation initiale d’échec scolaire, pour la plupart, et d’un statut de chômeur à un statut d’ « inséré professionnellement et socialement » par l’effet de l’activité du conseiller en insertion qui constitue un levier pour le jeune. Dans cette interaction conseiller-jeune, il y a un processus : l’accompagnement à l’emploi, qui doit aboutir à un résultat : un emploi stable.

En d’autres termes, on peut transposer le schéma ci-dessus en affirmant que l’activité du conseiller en insertion est une opération visant à une transformation de la situation initiale professionnelle et sociale du jeune réalisée par le conseiller d’insertion en relation avec le jeune. Les jeunes accumulent des ressources au contact de la mission locale qui leur permettent d’agir et de modifier leur situation initiale.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 16:20
Deux contributions dans le blog de P. Labbé : Du métier en mission locale et  Travailler en mission locale un métier flou ?

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 16:08
Voici certaines de mes contributions dans le blog de Philippe labbé au sujet de l'approche globale.

Du flou dans l'approche globale
et Approche globale suite.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 20:29
Philippe Labbé est sociologue, consultant au cabinet Geste et directeur de la collection " Les panseurs sociaux " chez l'éditeur Apogée.

Son blog parle des missions locales, de l'insertion et de l'actualité des politiques de l'emploi.

Le lien de son blog qui s'intitule Vivre en intelligence avec le système et en révolte contre ses conséquences : www.plabbe.wordpress.com

Voici sa bibliographie :

Avec Abhervé M., L'insertion sociale et professionnelle ou l'intelligence pratique des missions locales, 2005, édition Apogée.

Les bricoleurs de l'indicible. De l'insertion en général, des missions locales en particulier, tome 1, 2003, Apogée.

Les bricoleurs de l'indicible. Structurer, densifier l'intervention sociale, tome 2, 2004, Apogée.

" Bien sous tout rapport" et ANML "Le nouveau contrat social avec les jeunes" in Schwartz, L'insertion sociale et professionnelle des jeunes, 1982, rapport au premier ministre, la documentation française, réédition 2007, Apogée.

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