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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 16:56

Une socialisation institutionnelle est mise en place par la logique de projet et le suivi individualisé.

 

Cette socialisation institutionnelle concerne surtout les jeunes non diplômés ou sans qualification. Les normes sociales transmises sont la responsabilité, l’autonomie, l’assiduité qui sont considérées comme indispensables pour être employable d’après les conseillers en insertion.

 

Pour Mauger, la logique de projet sert à faire intégrer aux jeunes des habitus de responsabilité et d’autonomie. Il permet de mesurer le niveau d’adhésion aux impératifs institutionnels, le degré d’autonomie, la motivation et la capacité de mobilisation des jeunes. La logique de projet est un « instrument de réforme des habitus » selon Mauger. Cette réforme des habitus est produite par une socialisation post-scolaire avec les institutions chargées de l’insertion au travers de la personnalisation des parcours. Les habitus d’autonomie, de responsabilité, d’assiduité sont considérés comme un « savoir-être » apprécié par les employeurs. Les jeunes inscrits à la mission locale sont obligés de prendre des engagements tout comme chez Ingeus.

 

La conjoncture économique est la même que l'on soit public ou privé et les difficultés pour mettre les jeunes en emploi durable ne vont pas épargner les opérateurs privés et n'apporteront à une valeur ajoutée dans l'insertion des jeunes. Ces derniers ont pour objectif 6 mois pour mettre les jeunes à l'emploi, c'est complètement utopique, il n'y a pas une prise en compte temporelle suffisante pour la construction d'un projet professionnel incluant une formation ou des remises à niveau.

 

Finalement les jeunes ne trouvant pas un emploi seront jugés comme non performants, passifs et non concernés par leur insertion. L'état fait porter aux jeunes la responsabilité de ce qui leur arrive. On ne peut pas forcer un jeune qui ne veut pas travailler dans un secteur d'activité comme le BTP qui ne correspond pas à ses attentes. Les opérateurs privés vont mettre la pression sur les jeunes pour toucher la rémunération d’une sortie positive.

 

Les jeunes en ZUS sans emploi sont considérés comme la dernière strate de la file d'attente du marché du travail. Pour certains jeunes ne résidant pas en ZUS, le contrat d'autonomie est discriminatoire parce qu'il ne s'adresse pas à tous les jeunes, il dépend de critères géographiques

Mauger G., 2001, « Les politiques d’insertion, une contribution paradoxale à la déstabilisation du marché du travail », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 136-137, p. 5-14.

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 16:19

 

Le contrat d'autonomie prévoit un accompagnement individualisé par la construction d'un projet, ce que fait un conseiller mission locale avec les jeunes qu'il suit. Les termes utilisés par les opérateurs privés sont similaires à ceux des missions locales.

 

Le plus étonnant est qu'il existe un Contrat d'Insertion dans la Vie Sociale (CIVIS), utilisée en mission locale pour suivre les jeunes, semblable au contrat d'autonomie. Le CIVIS s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, avec un niveau inférieur au baccalauréat, bref le public pour lequel est destiné le contrat d'autonomie. Une allocation CIVIS peut être perçue même si elle est moins importante que la bourse d'autonomie. Toutefois l'état a actuellement des difficultés pour financer l'allocation CIVIS, on peut être pessimiste pour la bourse d'autonomie de 600 euros par mois. L'effet pervers est que les jeunes quittent le système scolaire pour toucher la bourse d'autonomie.

 

« Il existe donc un risque réel de créer une concurrence entre ces deux dispositifs qui pourrait se traduire par une baisse d'attrait des jeunes pour le CIVIS, alors même qu'il a déjà permis d'accompagner 105 175 jeunes vers un emploi durable », avance l'UNML (Union Nationale des Missions Locales).

 

Ce CIVIS a pour visée l'accompagnement personnalisé des jeunes dans un projet d'insertion en vue d'un emploi durable par une responsabilisation et une autonomisation des jeunes. Les jeunes ne seront pas plus contraints avec le contrat d'autonomie puisque les conseillers missions locales font déjà un travail normatif. Jellab a mis en évidence la dimension sociale et normative présente dans la construction du projet des jeunes pendant leur suivi individualisé.

 

 

 

 

Une socialisation institutionnelle est mise en place par cette logique de projet et ce suivi individualisé.

 

Cette socialisation institutionnelle concerne surtout les jeunes non diplômés ou sans qualification. Les normes sociales transmises sont la responsabilité, l’autonomie, l’assiduité qui sont considérées comme indispensables pour être employable d’après les conseillers en insertion.

http://www.ash.tm.fr/front/flash.php?id=13010

Jellab A., 1998, « De l'insertion à la socialisation. Mission Locale, jeunes 16-25 ans et problématique de l'exclusion », Formation emploi.

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 15:33
 

            Les critiques du contrat d'autonomie sont venues des missions locales par le Synami : Syndicat National des métiers de l'insertion. Les missions locales n'ont pas été consultées paradoxalement l'état leur demande de servir d'appui, en envoyant chez les opérateurs privés, les jeunes répondant aux critères du contrat d'autonomie. Les missions locales considèrent ce contrat comme une privatisation de l'accompagnement global des jeunes. Ils critiquent le marchandage et l'idée de la performance. Une mission locale est une association à but non lucrative tandis qu’un opérateur privé recherche à faire des profits. Les jeunes sont soumis à un contrôle permanent par une responsabilisation individuelle, l'émancipation collective est reléguée au second plan. C’est une mise en emploi rapide par une activation des dépenses passives.

 

La perte de valeurs est critiquée, tout comme la non concertation alors que les missions locales ont une mission de service public, on ignore 27 ans d'action depuis la création avec le rapport Schwartz de 1982 prônant un accompagnement territorialisé, global et individualisé. Avec l'entrée des opérateurs privés, un marché se crée avec l'idée de faire des profits et d'une concurrence privée/public.

On ne parle plus que de placement à l'emploi avec les opérateurs privés alors que la philosophie des missions locales est de résoudre les problèmes sociaux (logement, santé) dans un premier temps avant de penser à l'insertion professionnelle.

 

De plus, les missions locales sont déjà présentes dans les quartiers couverts par le CUCS avec des permanences pour créer une « proximité institutionnelle et sociale », cela va multiplier les intervenants sur le terrain. On peut émettre des doutes sur la façon dont les opérateurs privés vont convaincre les jeunes d'adhérer au contrat d'autonomie surtout si ils ambitionnent de ce rendre dans des associations ou des clubs de sport. Les interrogations portent sur comment va se réaliser cette collaboration et si ces structures accepteront ce partenariat.

 

Une évaluation qualitative n'est pas prévue seule le nombre de jeunes en emploi compte, on peut s'en étonner pour un dispositif qui va coûter 250 millions d'euros sur trois ans. Le coût serait moindre si les missions locales appliqueraient le dispositif parce que l'état n'aurait pas à payer une somme d'argent par jeune inséré. Les missions locales sont évaluées et contrôlées quantitativement avec le logiciel de suivi des jeunes parcours 3 et ont l'obligation d'une démarche qualité. Les conseillers ont des objectifs à atteindre dans les différents programmes, si ce n'est pas le cas les financements publics diminuent.  Les missions locales sont également dans une recherche de performance, pourtant l'état met avant l'argument que les opérateurs privés vont répondre davantage à la « culture du résultat ».

http://reveilcitoyen.org/spip.php?article132

http://cgtmlpaio.org/documents/Plan-Espoir-Banlieues-critique-CGT-Mai-2008.pdf

Schwartz B., 1982, L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, rapport au Premier ministre, La documentation Française.

Canals V., « Vers une approche localisée de l'insertion professionnelle des jeunes faiblement dotés en capital scolaire », Journées du localUniversité Paris 1 - MATISSE - CEREQ, Maison des Sciences économiques 25-26 octobre 2001 Paris.

Protocole 2005 : « Un cadre commun d’évaluation de l’activité du réseau sur le plan national, régional et au niveau de chaque mission locale ou PAIO sera développé, afin de répondre notamment aux questions relatives aux conditions d’intervention, aux réalisations et aux résultats attendus de l’intervention des missions locales ».

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 11:53

Ingeus est une société privée qui s'est installée à Lille Sud en ZUS pour suivre les jeunes de 18 à 25 ans demandeurs d'emploi qui ne sont plus inscrits à l'ANPE et ne rendent plus à la mission locale. Un conseiller Ingeus, considéré comme un coach, suivra dans un accompagnement intensif 40 jeunes contre 150 pour un conseiller mission locale. Ce coach suivra les parcours des jeunes et tentera de positionner ces jeunes sur des contrats CDD, CDI, des contrats d'apprentissage, de professionnalisation ou il pourra même les aidés à monter une entreprise.

 

Yvette Mathieu, préfète déléguée à l'égalité des chances, a lancé le contrat d'autonomie à Valenciennes et à Douai en rappelant que « les jeunes doivent accepter les conseils du coach pour parvenir à l'embauche et en échange se montrer motivés : c'est du donnant-donnant, il faut que cela soit intéressant pour tout le monde. » Les jeunes toucheront une allocation mensuelle pour financer le permis de conduire ou les transports, si les jeunes ne respectent pas le contrat, il sort du dispositif.

 

Pour Laouari Rézaiguia, directeur de l'association d'Aide aux Initiatives Locales de Développement (AILD) à Douai : « Les délais sont très long à la mission locale et le suivi n'est pas intensif. Ils manquent de moyens. Aujourd'hui, on a un partenaire référent et on peut suivre les jeunes dans leurs projets. Je pense que le coaching intensif a du bon. Il y a des résultats rapidement».

 

Des agents de terrain vont se rendre dans les quartiers, les associations ou club de sport pour rechercher les jeunes qui échappent aux dispositifs d'insertion.

Erik Pillet, directeur Ingeus France, veut une complémentarité et non une concurrence avec les missions locales. En réalité, il sera difficile de faire autrement et une guerre des chiffres sur les sorties positives est à prévoir. Ingeus sélectionnera les jeunes pouvant accéder au contrat d’autonomie suivant leur motivation. En d’autres termes, Ingeus choisira les jeunes qui ont le plus de chance d’obtenir un emploi.

 

Le bureau de Lille-Sud a pour objectif 1500 contrats, pour l’instant seulement 167 sont signés (mars 2009). Neuf ont abouti sur une sortie positive, c'est-à-dire un CDD d’au moins 6 mois ou une formation qualifiante. Pour Thomas Frey, responsable du bureau, la cible de Ingeus est les jeunes sans diplôme, qui ne sont pas allés plus loin que la première année de BEP et les titulaires de bac pro ou BTS qui réalisent qu'ils se sont trompés de branche. Si le jeune n’a pas une idée précise du métier qu’il veut faire, il n’est pas sélectionné par Ingeus.

 

Un premier bilan est réalisé Marie-Dominique Lacoste, directrice de la mission locale de Lille. «  On nous avait annoncé qu'ils feraient des merveilles, ce n'est pas le cas. Je ne leur jette pas la pierre, mais 85 % des jeunes qui se présentent chez eux, c'est la mission locale qui les leur envoie. Avec plus de moyens, ils ne font pas mieux que nous. La réalité, c'est un immense écart entre les attentes des entreprises et les jeunes. »

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 20:52

Les opérateurs privés sont choisis selon des appels d’offre et rémunérés au rendement selon des critères de résultats. Par exemple dans les Yvelines, c’est C3 consultants qui a été choisi. Hervé Demarcq, directeur de l’école de la deuxième chance (E2C) dans les Yvelines, explique le coût pour l’état via la préfecture versée à l’opérateur privé et le parcours type d’un jeune qui a signé un contrat d’autonomie sur son blog : 

« Pour ce faire C3 Consultants sera rémunéré 7 500€ par l’État :

Cette somme doit couvrir :

Les parcours type d'un jeune qui a signé le Contrat d'Autonomie est le suivant :

 

Le principe est de faire rencontrer les jeunes des quartiers prioritaires des Contrats Urbains de Cohésion Sociale (CUCS) au chômage avec les entreprises qui manquent de main d’œuvre, comme celle du Bâtiment et Travaux Publics (BTP).

Les jeunes vont construire un parcours d’insertion en établissant un projet avec un opérateur privé, en signant et en s’engageant avec ce contrat d’autonomie. Dès lors, les jeunes, les organismes et l’état ont des engagements mutuels. Les jeunes doivent s’investir activement dans leur insertion professionnelle en étant responsables. Les organismes mobilisent les jeunes sur des actions (contrats, formation en alternance, remises à niveau) facilitent des rencontres avec des entreprises en tissant un réseau local, et l’état assure le financement du dispositif. Cet accompagnement individualisé avec un conseiller en insertion devra durer un an, six mois avant et six mois après le contrat de travail.

http://herve.demarcq.over-blog.com/article-21432221.html

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 16:51

Le 8 Février 2008, Nicolas Sarkozy, président de la république, a annoncé la mise en place d’un contrat d’autonomie expérimental pendant trois ans pour les jeunes dans le cadre du volet emploi et insertion professionnelle du plan banlieue. Je cite le discours du Président de la République. Une nouvelle politique pour les banlieues Palais de l’Elysée - Vendredi 8 février 2008 : « Je veux proposer aux jeunes un véritable contrat d’autonomie. Ce contrat, les jeunes le signeront avec des entreprises spécialisées dans l’insertion professionnelle. Nous allons sélectionner les meilleures. Elles travailleront avec les associations, les services de l’Etat, les missions locales et l’ANPE. Elles seront rémunérées selon leur performance.

C’est un nouveau service public d’excellence qui sera mis sur pied au cœur des cités

Avec le contrat d’autonomie, les jeunes qui en ont besoin pourront apprendre les codes nécessaires à l’insertion dans l’entreprise, sans lesquels la réussite est impossible et l’accès à un emploi difficile […] Voilà, les choses sont claires : ceux qui sont prêts à faire quelque chose pour eux-mêmes, l’Etat les aidera. Ceux qui ne veulent rien faire, l’Etat ne fera rien pour eux.

Le contrat d’autonomie c’est un signe de confiance adressé à toute la jeunesse et c’est une exigence, un appel à l’effort et au dépassement de soi. On ne rend pas service à la jeunesse en exigeant rien d’elle. Il y a toute une jeunesse qui ne demande qu’à travailler, qu’à entreprendre et qu’il faut aider, qu’il faut encourager. »

 

Cette mesure part du constat que le nombre de jeunes sans emploi de moins de 26 ans résidants en ZUS est estimé entre 150.000 et 200.000 et seulement 80 000 d’entre eux sont inscrits à l’ANPE.

 

C’est le 21 Avril 2008 que Fadèla Amara, secrétaire d’état de la politique de la ville, lance officiellement l’expérimentation dans 35 départements dont le Nord, auprès avec les préfets délégués à l’égalité des chances et aux sous-préfets chargés de mission pour la politique de la ville. Elle a insisté sur une « culture du résultat. »

 

Je cite Fadèla Amara lors de cette réunion : « Et quand je parle d’emploi, je ne pense pas à un emploi aidé. Je veux parler d’emploi durable. Vous connaissez comme moi les chiffres du chômage dans les quartiers. Comme moi, vous vous êtes arrachés les cheveux en entendant tous ces jeunes de banlieues qui vous disent qu’ils en ont marre de galérer, de chercher du boulot, et dans le même temps, ces chefs d’entreprise vous dire qu’ils ont beau chercher, ils n’arrivent pas à recruter.Ca ne pouvait plus durer. C’est pourquoi nous avons créé un dispositif novateur, qui sort des entiers battus, pour faire rapprocher le plus efficacement possible ces deux mondes qui s’ignoraient. Je veux parler du contrat d’autonomie. »

 

Ce contrat est destiné aux jeunes des quartiers Zone Urbaine Sensible (ZUS) de moins de 26 ans et sans emploi. Il concerne 100 000 jeunes à accompagner sur trois ans par un contrat d’apprentissage, une formation qualifiante ou vers un emploi durable.

Il est évident que ce contrat d’autonomie n’est pas novateur car ce dispositif ressemble à au Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale (CIVIS) mise en place par les missions locales.

Son principe est expliqué dans un article sur le site internet du plan espoir banlieue intitulé contrat d’autonomie : « connecter les jeunes et les entreprises avec une obligation de résultat » et sur le site du ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi dont le sous-titre du document est « tout faire pour ne laisser aucun jeune au bord du chemin ; pour que chacun d’entre eux se voit proposer un stage, une formation ou un emploi ». D’ailleurs je cite cette dernière source qui classe en trois besoins les attentes des jeunes : 

 

« - Le besoin de travailler et d’en tirer un revenu rapidement.

 

-  Le besoin d’une remobilisation et d’une resocialisation intensive, puis d’une mise en relation avec l’entreprise après, si nécessaire, une étape de pré qualification

 

- Un besoin de suivi de proximité pour sortir de la spirale du chômage. »

http://www.espoir-banlieues.fr/IMG/pdf/Discours_integal-Nicolas_Sarkozy_08-02-08_cle611183.pdf

http://i.ville.gouv.fr/divbib/doc/discoursMinistreSPV24042008.pdf

Loi de cohésion sociale de Borloo en 2005.

http://www.espoir-banlieues.fr/article.php3?id_article=119

  www.minefe.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/plan_espoirs_banlieues/fiche_contrat_autonomie.pdf

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