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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 22:51

Schwartz a interrogé tous les professionnels qui étaient en contact sur le terrain avec les jeunes. Il a reçu 400 rapports de proposition de la part d’enseignants, de conseiller en centre d’information et d’orientation, d’agents de l’ANPE, de l’AFPA, de travailleurs sociaux et de directeurs de MJC. Ces professionnels constatent que des centaines de milliers de jeunes sont sans formation, sans emploi, sans logement, sans argent.

            L’idée de Schwartz est qu’il faut mettre en adéquation l’insertion professionnelle et l’insertion sociale. Il ne suffit plus comme c’était le cas la deuxième moitié des années 70 d’améliorer la formation professionnelle des jeunes demandeurs d’emploi ou d’intégrer professionnellement les jeunes par des stages. Il est impossible de séparer les problèmes des jeunes et les solutions de formation, d’emploi, de logement, de santé parce que ces éléments sont en interaction. Un « guichet unique » s’avère utile. L’insertion sociale consiste à ce que les jeunes deviennent autonomes et responsables. Il faut donner une qualification sociale et professionnelle pour que les jeunes deviennent employables. Les jeunes se doivent d’être acteur de leur vie. Un suivi personnalisé est nécessaire. Il est important qu’une structure soit présente dans les quartiers « sensibles » et prioritaires au niveau du développement local. Schwartz préconise que cette structure élabore un partenariat entre les collectivités territoriales, les organisations chargées de l’insertion professionnelle et sociale des jeunes et les entreprises.

 

            Pour Schwartz : « Il faut agir et travailler au plus près des jeunes. Mettre un nom sur visage, un visage sur un nom. ». Il ne faut pas apporter des réponses ponctuelles à la crise qui frappe les jeunes. Pour lui : « le cloisonnement régnait jusqu’à alors en matière d’insertion des jeunes. Il ne faut plus traiter à part chaque point particulier de la vie des jeunes, mais prendre en compte la globalité. Les divers problèmes étant en interaction constante.» Schwartz s’adresse aux structures en charge de l’insertion des jeunes de la façon suivante : « Vous avez l’habitude travailler séparé, chacun dans votre coin, alors que successivement vous recevez le même public. Quittez vos bastions, retrouvez vous en un même lieu, changez vos habitudes, ayez le souci de la concertation. »

 

            L’ordonnance n°82-273 du 26 mars 1982 confirma les mesures du rapport Schwartz destinées à assurer aux jeunes de seize à dix-huit ans une qualification professionnelle et à faciliter leur insertion sociale :

« Article premier - La qualification professionnelle et l’insertion sociale des jeunes gens et jeunes filles de seize à dix-huit ans constituent une obligation nationale. L’État, les collectivités locales, les établissements publics, les établissements d’enseignement, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales ainsi que les entreprises y concourent par la mise en œuvre des actions ci-après :

1 Des actions d’accueil, d’information et d’orientation ayant pour objet, notamment, d’informer les jeunes sur les possibilités d’entrée en formation et de proposer à leur choix un processus d’insertion sociale et de qualification professionnelle ;

2 Des actions d’orientation approfondie ayant pour objet d’aider des jeunes dont l’orientation présente des difficultés particulières à choisir les voies les plus appropriées pour leur permettre d’acquérir une qualification professionnelle et d’assurer ainsi leur insertion sociale ;

3 Des actions de formation alternée ayant pour objet l’acquisition d’une qualification, la préparation à un emploi et l’insertion sociale.

Article deuxième - Les actions définies à l’article premier s’adressent aux jeunes de seize à dix-huit ans qui, ne se trouvant pas en cours de scolarité, ne sont liés ni par un contrat d’apprentissage ni par un contrat de travail
».

 

Les permanences d’accueil d’insertion et d’orientation (PAIO) sont crées par cette ordonnance.  Elles sont destinées à informer les 16-18 ans sur les possibilités d’orientation et de formation. Elles sont structurées par un organisme support : GRETA, CIO. Elles vont être remplacées progressivement pendant les années 80 par les missions locales. Les missions locales couvrent un public plus vaste (16-25 ans) et ne traitent pas seulement les problèmes liés à la formation et l’emploi des jeunes.

 

C’est à partir du rapport Schwartz que les missions locales sont fondées par l’ordonnance du 26 mars 1982 qui stipule :

« La qualification professionnelle et l'insertion sociale des jeunes gens et jeunes filles de seize à dix-huit ans constituent une obligation nationale. L'État, les collectivités locales, les établissements publics, les établissements d'enseignement, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et familiales ainsi que les entreprises y concourent. Les Missions Locales ont pour objet d'aider les jeunes à résoudre l'ensemble des problèmes que pose leur insertion sociale et professionnelle
».

La circulaire du 9 avril 1982 précise le rôle dévolu aux missions locales : « Elles suivent les jeunes pendant leur période de formation ; elles les aident à construire un itinéraire d'insertion sociale et professionnelle et en assurent le suivi. Elles sont un relais entre le jeune et les organismes de formation. Elles se préoccupent de l'ensemble des problèmes d'insertion sociale qui se posent aux jeunes : vie quotidienne, logement, loisirs, santé… Elles recherchent, en relation notamment avec l'ANPE, les organismes de formation et les employeurs, des réponses inédites aux problèmes d'insertion, de formation et d'emploi qui se posent localement aux jeunes ».

 

La loi de 1982 sur la décentralisation a impulsé la création des missions locales et le travail en réseaux des collectivités locales au niveau de l’insertion sociale et professionnelle.

La mise en place des missions locales en 1982 répondait a un objectif fondamental : résoudre les problèmes de la précarité des jeunes en aidant les 16-18 ans (puis les 16-25 ans à partir de 1984) à intégrer le marché du travail. Il est devenu nécessaire de mettre en place un espace d’accueil, d’aide et de suivi au plus près des jeunes. La mission locale s’est imposée comme une institution dont le rôle est de coordonner les acteurs de l’insertion. La mission locale est une institution créée spécialement pour les jeunes.

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 10:41

L’augmentation du chômage des jeunes dans la deuxième moitié des années 70 et au début des années 80 (le taux de chômage au sens du BIT était de 12,1% en 1975 et de 34% en 1985 pour les 15-19 ans et de 6,3% en 1975 et 23,7% en 1985 pour les 20-24 ans) et les milliers de jeunes qui quittent le système scolaire sans diplôme chaque année sont deux raisons principales de la demande du premier ministre socialiste Pierre Mauroy en 1981 d’un rapport auprès du professeur Bertrand Schwartz.

Dans une lettre du juin 1981 Mauroy donne les objectifs et s’adresse à Schwartz de la façon suivante : « L’entrée des jeunes dans la vie active, après la fin de la scolarité, est devenue pour beaucoup d’entre eux une véritable course d’obstacles et une période d’incertitude et de déstabilisation. La crise économique et l’ampleur du chômage ne sont pas seuls responsables de cette situation. L’organisation actuelle du système éducatif, de la formation professionnelle et des services d’information, d’orientation et de placement, les dispositifs d’insertion professionnelle mise en place au cours des dernières années, ainsi que les aides au premier emploi ne procèdent pas d’une conception d’ensemble, mais de la juxtaposition de dispositions parfois contradictoires et souvent conjoncturelles…
Votre étude devra aboutir à un ensemble de propositions permettant d’établir une meilleure articulation de tous les services publics concernés, de telle sorte que les jeunes de cet âge ne soient jamais condamnés au chômage, ni à des emplois par trop précaires, qu’ils aient la possibilité d’acquérir la culture et la formation qui leur permettront de s’adapter aux changements à venir et qu’ils bénéficient des moyens d’orienter leur vie professionnelle vers les emplois qui correspondent le mieux à leurs goûts et à leurs capacités »

 

Les requêtes de P. Mauroy vont être prises en compte par Schwartz dans son rapport.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 00:22

Des Protocoles 2000 et 2005 marquent l’apparition des ressources humaines et intensifient l’évaluation.

 

La partie ressources humaines du protocole 2000 souligne une volonté d’homogénéisation et d'amélioration de la qualité dans le but de rendre le travail d’accompagnement des jeunes plus efficace.

 

Le protocole 2005 accentue le développement du professionnalisme des salariés des missions locales en s’appuyant sur la convention collective de 2001 et sur un plan de formation des personnels. Une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences est à prévoir dans le cadre du recrutement des salariés.

 

L’évaluation s’impose dans le travail social et particulièrement dans les dispositifs d’insertion pour Jacques Ion. Les pouvoirs publics cherchent à savoir de quelle manière sont utilisés les financements.

 

L’informatisation de l’accompagnement avec le logiciel Parcours sert à contrôler les jeunes mais aussi les conseillers.

 

Parcours retrace l’historique de chaque contact entretenu entre les jeunes et les missions locales.

 

Parcours est un moyen formel pour retracer le parcours et connaître les actualités des jeunes mais aussi un moyen informel de contrôle de l’accompagnement proposée par les conseillers.

 

Avec Parcours, il est possible d’établir pour chaque conseiller individuellement un détail de son activité donc de sa performance à insérer les jeunes.

 

Les conseillers ont des objectifs en matière d’inscription dans les dispositifs d’insertion chaque année. Ils doivent aussi recevoir chaque jeunes au moins huit fois par an.

 

Les missions locales sont engagées dans une démarche qualité depuis 2002. Des groupes de travail, composés de conseillers et animés par les chargés de projets ou des conseillers de niveau 2, élaborent une démarche de diagnostic personnalisé et partagé.

 

La démarche qualité n’a pas vocation à homogénéiser les pratiques, c’est un outil d’harmonisation en vue d’une mise cohérence des différents profils atypiques des conseillers.

Ion J., Le travail social au singulier, Paris, Dunod, 1998.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 17:56

La dégradation visible de la situation des jeunes dans les années 1980 implique un recrutement plus important de salariés non mis à disposition.

 

Davantage de jeunes sans diplôme et sans emploi ont eu besoin d’être accompagnés pour ne pas se retrouver dans une situation de marginalisation.

 

Un travail normatif avec des objectifs à atteindre émerge avec la charte des missions locales en 1990.

 

Cette charte rappelle la coexistence d’un personnel mis à disposition avec des salariés de la ML. La charte insiste sur la construction d’un « itinéraire » avec les jeunes pour qu’ils deviennent des citoyens autonomes et responsables. Le travail des conseillers n’est plus seulement thérapeutique par une transformation sociale, il est devenu normatif.


Le programme TRACE (Trajet d’Accès à l’Emploi) en 1998 a encadré le travail des conseillers en leur imposant de devenir des « relais » de la politique nationale de l’emploi au niveau local pour « homogénéiser » les pratiques d’accompagnement. TRACE a fixé aux missions locales des objectifs à atteindre vers l’emploi durable qui sont déclinés à l’échelle des conseillers.

 

En 2001, la convention collective des missions locales cherchait à fixer un statut aux conseillers afin d’établir un référentiel commun de compétences face à l’hétérogénéité des pratiques sur le territoire. Les conseillers se sont vus attribuer une série d’objectifs de nature diverses à interpréter. La convention collective a fixé un intitulé Conseiller en Insertion Sociale et Professionnelle (CISP) qui correspond à deux emplois repères le CISP de niveau 1 et le CISP de niveau 2, c’est un nouveau brouillage du métier.

La convention collective ne précise pas une formation spécialisée requise pour le métier de conseiller. La politique de recrutement des missions locales est basée sur une « pluralité des profils et des expériences » atypiques. Le parcours antérieur des conseillers détermine une spécialisation informelle au sein de la mission locale en mobilisant des relations ou des compétences d’un emploi précédent.

 

Pendant l’entretien d’embauche le directeur de la mission locale teste la motivation des conseillers pour connaitre leur degré de « sensibilisation au problème de l’insertion » et « leur capacité d’investissement » pour lutter contre le chômage des jeunes, c’est le côté militant. Les conseillers motivent les jeunes à intégrer des parcours d’insertion. Le « relationnel » est important pour nouer une relation de confiance avec les jeunes par l’écoute. C’est l’aspect « fibre sociale » pouvant s’exprimer par de l’empathie en ressentant les émotions des jeunes et en agissant comme un soutien psychologique. C’est un métier qui s’apprend sur le tas notamment les techniques d’entretien.


Farvaque N., L’encadrement des acteurs locaux de l’insertion des jeunes en France in J.-M. Bonvin, F. Varone, « La Nouvelle Gestion Publique »,  Les Politiques Sociales, 1-2, n° spécial, 2004. 

Convention collective nationale des missions locales et PAIO, des maisons de l'emploi et PLIE du 21 février 2001. Etendue par arrêté du 27 décembre 2001, JO du 1er janvier 2002).

Baron C. et alii, Les missions locales et l’innovation, Centre d’Études de l’Emploi, 2004.


Beaud S., Op. Cit.

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 20:39

Bertrand Schwartz avait émis le désir que des professionnels salariés de diverses structures travaillent ensemble dans des petites équipes « chacun apportant ses compétences, son réseau relationnel et sa méthode de travail. ». Ce souhait se concrétise dans la circulaire du 9 avril 1982 : « Chaque mission locale est composé d’une équipe pluridisciplinaire, composé à partir des personnels de l’éducation nationale, de l’ANPE, de l’AFPA, des travailleurs sociaux et des animateurs. »

 

Guerin-Plantin décrit ce procédé comme une constitution de « dynamiques locales » existantes formant une équipe « métasecteur » pour éviter une sectorisation du traitement des jeunes d’où l’approche globale. Les mises à disposition signifiaient que du personnel d’une structure qu’elle rémunère était détachée pour une autre. Selon Guerin-Plantin, la compétence n’était pas relative à un métier mais à une appartenance institutionnelle.

 

Ces mises à disposition ont été un échec quantitatif qui n’a pas abouti à la création d’une équipe technique croisant ses connaissances et ses pratiques. Une multitude de problèmes est apparue avec des professionnels aux statuts différents. Les agents mis à disposition étaient débutants, sans expériences, ne connaissant pas assez leur structure d’origine.

 

Les missions locales ont du recruter leur propre personnel pour combler le manque d’effectif

 

Les profils de poste et les critères de recrutement n’étaient pas définis. Les conseillers étaient recrutés à partir de leur motivation et de leur expérience.

 

La voie accès et de passage au métier de conseiller était alors le militantisme dans une association, un syndicat ou dans un parti politique. Il y avait une hétérogénéité des formations, des origines sociales et des parcours professionnels défavorable à la constitution d’une profession. La qualification était existentielle, spécifique ou issue du travail social.


Abhervé M., Missions locales : vingt ans d’actions concrètes avec et pour les jeunes, Éditions Juris Services, 2002, p. 71.

Guerin-Plantin C., Genèse de l'insertion, L'action publique indéfinie, Dunod, 1999.

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 16:42

Robert Castel identifie la naissance des politiques d’insertion avec les trois rapports du début des années 1980 axés sur les jeunes dont celui de Schwartz. Ces rapports préconisent une méthodologie commune avec des politiques transversales, une intervention globale et une gestion territoriale des problèmes.

 

Schwartz a appliqué ces principes pour accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle et sociale en préconisant : un accompagnement local, global et individualisé.

 

Schwartz soutient l’importance de créer un « dispositif d’animation au plus près des jeunes » en créant une structure. Cette structure doit répondre à quatre fonctions : connaître les difficultés et les attentes des jeunes d’un territoire, avoir une « fonction d’accueil et d’orientation », créer des partenariats avec des entreprises du bassin d’emploi et faire collaborer des professionnels de l’insertion.

 

Simon Whul parle d’une « territorialisation de l’insertion professionnelle et sociale stratégique pour l’emploi en prenant en considération la réalité locale par des méthodes pédagogiques dans les quartiers.

 

Cette gestion locale intègre une globalisation de l’intervention par un « guichet unique ».

 

Schwartz part du postulat que des professionnels de l’insertion doivent apporter une réponse globale en prenant en considération toutes les composantes de la vie des jeunes. Il n’est plus possible d’isoler chaque partie de la vie des jeunes. Schwartz parle alors d’un « guichet unique » animé par un conseiller.

 

Ce guichet unique est marqué une individualisation des parcours.

 

L’accompagnement des jeunes par les référents doit consister à de l’accueil, de l’information, de l’orientation et du suivi dans les dispositifs existants.

 

L’individualisation des parcours se formalise en 1989 avec le Crédit Formation Individualisé (CFI).

Castel R., Les métamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat, Ed. Fayard, 1995

Schwartz B., L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, la documentation Française, 1981.

Dubedout H., Ensemble refaire la ville, la documentation Française, 1983, instituant la politique de la ville.

Bonnemaison G., Prévention, répression, solidarité, la documentation Française, 1983, sur la délinquance dans les quartiers.

Schwartz B., Op. Cit, p. 138.

Wuhl S., Insertion : les politiques en crise, Presses Universitaires de France, 1996.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 17:28
Le rapport Schwartz de 1982 innove dans un accompagnement territorialisé, globale et individualisé.

 

Trois idées fortes :

 

Première idée: être présent localement au plus près des jeunes  pour générer une zone d’animation locale,

une territorialisation de l’insertion et  une proximité sociale et institutionnelle.


Deuxième idée: globaliser les difficultés avec l’insertion sociale (logement santé, culture) comme préalable à l’insertion professionnelle.


Troisième idée: l’individualisation des parcours pour une réponse adaptée aux situations sociales et professionnelles de chacun des jeunes. Une coproduction du projet des jeunes avec les conseillers en mission locale est établie.

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 19:09

Dans les années 70, le chômage des jeunes est un traitement de masse avec le contrat emploi formation. Le début des années 80 voit la naissance des politiques d’insertion identifiés par Castel dans Les métamorphoses de la question sociale (1995), avec les rapports Bonnemaison sur la délinquance, le rapport Dubedout instituant la politique de la ville avec le DSQ et la mise en place des chargés de projet, un autre métier flou et puis le rapport Schwartz de 1982 avec une même idée politique terrotorialisée de transversalité et de globalité.

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 00:36

(Source : www.mlsa.asso.fr)


Je cite :


En septembre 1981, le Professeur Bertrand SCHWARTZ remet au Premier Ministre un rapport préconisant, face au développement du chômage des jeunes et aux débouchés sans diplôme, la mise en oeuvre d'une politique d'insertion sociale et professionnelle, reposant sur des structures locales, partenariales et transversales.

 

L’année 1982 est marquée par la création de Missions Locales et PAIO (Permanence d'Accueil d'Information et d'Orientation) sur l'ensemble du territoire français.

 

La Mission Locale Sambre Avesnois est crée en 1984.

 

Consolidation de l'existence des Missions Locales et développement de leur nombre et création d'un Conseil national des Missions Locales en 1989, instance de consultation sur les questions d'insertion des jeunes.

 

La Charte des Missions Locales par le Conseil national de 1990 rappelle les principes sur lesquels s'engagent les partenaires dans toute mission locale : une volonté de travailler ensemble sur un territoire. Une intervention globale au service des jeunes. Un espace d'initiative et d'innovation. Une démarche pour construire des politiques locales d'insertion et de développement.

 

Les  carrefours pour l'emploi et la formation des jeunes sont constitués en 1991. Ces carrefours ont pour objectif de mobiliser de façon optimale l'ensemble des dispositifs dans la construction des parcours des jeunes. ils doivent faciliter le renforcement entre la formation et l'emploi.

 

Régionalisation de la formation professionnelle continue des jeunes en 1993. La compétence du dispositif de formation des jeunes demandeurs d'emploi (le Crédit Formation Individualisé) est transférée aux Conseils Régionaux devenus un acteur essentiel dans l'insertion des jeunes.

 

La circulaire 94-10 du 23 décembre 1994 installe les programmes d’animation régionale, qui vise à renforcer la mise en réseau des structures dans le cadre des politiques nationales et locales.

Le logiciel Parcours devient un outil d’aide à la gestion des parcours des jeunes.

 

La convention régionale pour la mise en place des espaces jeunes est signée en 1995.

 

Les Missions Locales et PAIO participent en 1998 à la promotion des nouveaux services - nouveaux emplois (emplois-jeunes) La loi d'orientation du 29 juillet 1998, en instituant le programme TRACE, la met en oeuvre pour les jeunes les plus éloignés de l'emploi.

 

Le Protocole 2000 des missions locales : réaffirme et complète les principes de la charte des missions locales.

 

Dans le cadre du plan de Cohésion Sociale, les Missions Locales lancent le CIVIS : Contrat d'Insertion dans la Vie Sociale en 2005.

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 00:20

Je pars de l’idée que les conseillers missions locales sont apparus suite à l’échec des mises à disposition de différents personnels institutionnels : ANPE, organismes de formation, CAF prévues à l’origine dans le rapport Schwartz de 1982 pour former une « méta institution » et dépasser des clivages institutionnels.

 

Suite à cet échec, les missions locales ont recruté leur propre personnel sans que ne soit modifié les attributions des conseillers. Le flou est apparu dès l’origine qui se comprend également par le fait que la mission locale était au départ une solution temporaire et expérimentale.

 

La mission locale va voir augmenter le flux des jeunes sans travail et sans qualification qui va engendrer son maintien et sa pérennisation dans les années 90 avec le conseil national des missions locales et une charte.

 

Ce n’est qu’en 1998 soit 16 ans après sa création qu’une convention collective spécifique à la mission locale est signée dans laquelle le métier de conseiller est défini par des objectifs à atteindre dans le traitement des jeunes comme recueillir et analyser la demande, la situation des jeunes, positionner les jeunes sur des emplois ou des formations, repérer la situation administrative, sociale, familiale, les ressources financières, les problèmes psychologiques.

 

L’approche globale a été maintenue et la définition du métier de conseiller a mis en exergue une pluralité des tâches.

 

En 1998, les conseillers mission locale on été chargés du programme TRACE : trajectoire d'accès à l'emploi.


Pour tenter d’harmoniser et contrôler le travail des conseillers une démarche qualité a été mise en place par des protocoles dans les années 2000 et à mener à une logique de l’efficacité par des objectifs à atteindre dans le placement des jeunes. Au même moment en 2005 est apparu le Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale, un contrat symbolique et moral entre les conseillers et les jeunes, qui fixe surtout des obligations aux jeunes comme venir régulièrement aux rendez-vous fixés par les conseillers, construire un projet professionnel validé par les conseillers et s’investir dans ses recherches d’emploi orientées par les conseillers.

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