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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 19:03
Claude Dubar s’est intéressé à la construction sociale de l’insertion professionnelle dans La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin, 1991. Je cite Claude Trottier qui synthétise le raisonnement de Dubar dans « La sociologie de l’éducation et l’insertion professionnelle des jeunes », Éducation et Sociétés, 2001.
« Pour Dubar, le processus d’insertion n’est pas défini d’abord en termes de stabilisation sur le marché du travail, mais comme un processus par lequel un individu construit son identité. Cette construction résulte de l’articulation de deux processus identitaires hétérogènes.
Le premier a trait à une transaction « interne » à l’individu, à l’incorporation de l’identité par l’individu lui-même construit à partir des expériences scolaires et professionnelles à travers lesquelles il est arrivé à une définition de lui-même. La construction de l’identité pour soi apparaît ainsi comme le résultat d’un processus biographique.

Le deuxième processus renvoie à une transaction « externe » entre l’individu et les institutions avec lesquelles il est en interaction, et concerne l’identité pour autrui, l’attribution de l’identité par les institutions et les agents qui sont en interaction avec lui.

La construction de l’identité dépend aussi de ce processus relationnel. La sortie du système scolaire et l’entrée sur le marché du travail constituent, selon Dubar, un moment essentiel de la construction de l’identité. Certes l’ensemble des décisions d’orientation plus ou moins forcées ou assumées contribue à façonner l’identité d’un individu. Toutefois, la construction de l’identité n’est pas nécessairement achevée à la sortie du système d’enseignement. C’est au moment de la confrontation avec le marché du travail que ses compétences lui sont reconnues, qu’un statut lui est conféré, que les possibilités de carrière se précisent, bref que son identité professionnelle se trouve confirmer par le jugement d’autrui. »

 
Si on se réfère à l’analyse de Dubar on ne peut pas considérer les jeunes des missions locales comme des jeunes n'ayant pas de savoirs, d'expériences ou de ressources. Les jeunes construisent leur identité à partir de leur trajectoire biographique, scolaire et professionnelle mais aussi à partir des interactions avec les conseillers en insertion et à partir de l’identité attribuée par la mission locale.

 

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Published by jean-christophe chantrelle - dans Approche interactionniste avec les jeunes
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