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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 11:53

Ingeus est une société privée qui s'est installée à Lille Sud en ZUS pour suivre les jeunes de 18 à 25 ans demandeurs d'emploi qui ne sont plus inscrits à l'ANPE et ne rendent plus à la mission locale. Un conseiller Ingeus, considéré comme un coach, suivra dans un accompagnement intensif 40 jeunes contre 150 pour un conseiller mission locale. Ce coach suivra les parcours des jeunes et tentera de positionner ces jeunes sur des contrats CDD, CDI, des contrats d'apprentissage, de professionnalisation ou il pourra même les aidés à monter une entreprise.

 

Yvette Mathieu, préfète déléguée à l'égalité des chances, a lancé le contrat d'autonomie à Valenciennes et à Douai en rappelant que « les jeunes doivent accepter les conseils du coach pour parvenir à l'embauche et en échange se montrer motivés : c'est du donnant-donnant, il faut que cela soit intéressant pour tout le monde. » Les jeunes toucheront une allocation mensuelle pour financer le permis de conduire ou les transports, si les jeunes ne respectent pas le contrat, il sort du dispositif.

 

Pour Laouari Rézaiguia, directeur de l'association d'Aide aux Initiatives Locales de Développement (AILD) à Douai : « Les délais sont très long à la mission locale et le suivi n'est pas intensif. Ils manquent de moyens. Aujourd'hui, on a un partenaire référent et on peut suivre les jeunes dans leurs projets. Je pense que le coaching intensif a du bon. Il y a des résultats rapidement».

 

Des agents de terrain vont se rendre dans les quartiers, les associations ou club de sport pour rechercher les jeunes qui échappent aux dispositifs d'insertion.

Erik Pillet, directeur Ingeus France, veut une complémentarité et non une concurrence avec les missions locales. En réalité, il sera difficile de faire autrement et une guerre des chiffres sur les sorties positives est à prévoir. Ingeus sélectionnera les jeunes pouvant accéder au contrat d’autonomie suivant leur motivation. En d’autres termes, Ingeus choisira les jeunes qui ont le plus de chance d’obtenir un emploi.

 

Le bureau de Lille-Sud a pour objectif 1500 contrats, pour l’instant seulement 167 sont signés (mars 2009). Neuf ont abouti sur une sortie positive, c'est-à-dire un CDD d’au moins 6 mois ou une formation qualifiante. Pour Thomas Frey, responsable du bureau, la cible de Ingeus est les jeunes sans diplôme, qui ne sont pas allés plus loin que la première année de BEP et les titulaires de bac pro ou BTS qui réalisent qu'ils se sont trompés de branche. Si le jeune n’a pas une idée précise du métier qu’il veut faire, il n’est pas sélectionné par Ingeus.

 

Un premier bilan est réalisé Marie-Dominique Lacoste, directrice de la mission locale de Lille. «  On nous avait annoncé qu'ils feraient des merveilles, ce n'est pas le cas. Je ne leur jette pas la pierre, mais 85 % des jeunes qui se présentent chez eux, c'est la mission locale qui les leur envoie. Avec plus de moyens, ils ne font pas mieux que nous. La réalité, c'est un immense écart entre les attentes des entreprises et les jeunes. »

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 20:52

Les opérateurs privés sont choisis selon des appels d’offre et rémunérés au rendement selon des critères de résultats. Par exemple dans les Yvelines, c’est C3 consultants qui a été choisi. Hervé Demarcq, directeur de l’école de la deuxième chance (E2C) dans les Yvelines, explique le coût pour l’état via la préfecture versée à l’opérateur privé et le parcours type d’un jeune qui a signé un contrat d’autonomie sur son blog : 

« Pour ce faire C3 Consultants sera rémunéré 7 500€ par l’État :

Cette somme doit couvrir :

Les parcours type d'un jeune qui a signé le Contrat d'Autonomie est le suivant :

 

Le principe est de faire rencontrer les jeunes des quartiers prioritaires des Contrats Urbains de Cohésion Sociale (CUCS) au chômage avec les entreprises qui manquent de main d’œuvre, comme celle du Bâtiment et Travaux Publics (BTP).

Les jeunes vont construire un parcours d’insertion en établissant un projet avec un opérateur privé, en signant et en s’engageant avec ce contrat d’autonomie. Dès lors, les jeunes, les organismes et l’état ont des engagements mutuels. Les jeunes doivent s’investir activement dans leur insertion professionnelle en étant responsables. Les organismes mobilisent les jeunes sur des actions (contrats, formation en alternance, remises à niveau) facilitent des rencontres avec des entreprises en tissant un réseau local, et l’état assure le financement du dispositif. Cet accompagnement individualisé avec un conseiller en insertion devra durer un an, six mois avant et six mois après le contrat de travail.

http://herve.demarcq.over-blog.com/article-21432221.html

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 16:51

Le 8 Février 2008, Nicolas Sarkozy, président de la république, a annoncé la mise en place d’un contrat d’autonomie expérimental pendant trois ans pour les jeunes dans le cadre du volet emploi et insertion professionnelle du plan banlieue. Je cite le discours du Président de la République. Une nouvelle politique pour les banlieues Palais de l’Elysée - Vendredi 8 février 2008 : « Je veux proposer aux jeunes un véritable contrat d’autonomie. Ce contrat, les jeunes le signeront avec des entreprises spécialisées dans l’insertion professionnelle. Nous allons sélectionner les meilleures. Elles travailleront avec les associations, les services de l’Etat, les missions locales et l’ANPE. Elles seront rémunérées selon leur performance.

C’est un nouveau service public d’excellence qui sera mis sur pied au cœur des cités

Avec le contrat d’autonomie, les jeunes qui en ont besoin pourront apprendre les codes nécessaires à l’insertion dans l’entreprise, sans lesquels la réussite est impossible et l’accès à un emploi difficile […] Voilà, les choses sont claires : ceux qui sont prêts à faire quelque chose pour eux-mêmes, l’Etat les aidera. Ceux qui ne veulent rien faire, l’Etat ne fera rien pour eux.

Le contrat d’autonomie c’est un signe de confiance adressé à toute la jeunesse et c’est une exigence, un appel à l’effort et au dépassement de soi. On ne rend pas service à la jeunesse en exigeant rien d’elle. Il y a toute une jeunesse qui ne demande qu’à travailler, qu’à entreprendre et qu’il faut aider, qu’il faut encourager. »

 

Cette mesure part du constat que le nombre de jeunes sans emploi de moins de 26 ans résidants en ZUS est estimé entre 150.000 et 200.000 et seulement 80 000 d’entre eux sont inscrits à l’ANPE.

 

C’est le 21 Avril 2008 que Fadèla Amara, secrétaire d’état de la politique de la ville, lance officiellement l’expérimentation dans 35 départements dont le Nord, auprès avec les préfets délégués à l’égalité des chances et aux sous-préfets chargés de mission pour la politique de la ville. Elle a insisté sur une « culture du résultat. »

 

Je cite Fadèla Amara lors de cette réunion : « Et quand je parle d’emploi, je ne pense pas à un emploi aidé. Je veux parler d’emploi durable. Vous connaissez comme moi les chiffres du chômage dans les quartiers. Comme moi, vous vous êtes arrachés les cheveux en entendant tous ces jeunes de banlieues qui vous disent qu’ils en ont marre de galérer, de chercher du boulot, et dans le même temps, ces chefs d’entreprise vous dire qu’ils ont beau chercher, ils n’arrivent pas à recruter.Ca ne pouvait plus durer. C’est pourquoi nous avons créé un dispositif novateur, qui sort des entiers battus, pour faire rapprocher le plus efficacement possible ces deux mondes qui s’ignoraient. Je veux parler du contrat d’autonomie. »

 

Ce contrat est destiné aux jeunes des quartiers Zone Urbaine Sensible (ZUS) de moins de 26 ans et sans emploi. Il concerne 100 000 jeunes à accompagner sur trois ans par un contrat d’apprentissage, une formation qualifiante ou vers un emploi durable.

Il est évident que ce contrat d’autonomie n’est pas novateur car ce dispositif ressemble à au Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale (CIVIS) mise en place par les missions locales.

Son principe est expliqué dans un article sur le site internet du plan espoir banlieue intitulé contrat d’autonomie : « connecter les jeunes et les entreprises avec une obligation de résultat » et sur le site du ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi dont le sous-titre du document est « tout faire pour ne laisser aucun jeune au bord du chemin ; pour que chacun d’entre eux se voit proposer un stage, une formation ou un emploi ». D’ailleurs je cite cette dernière source qui classe en trois besoins les attentes des jeunes : 

 

« - Le besoin de travailler et d’en tirer un revenu rapidement.

 

-  Le besoin d’une remobilisation et d’une resocialisation intensive, puis d’une mise en relation avec l’entreprise après, si nécessaire, une étape de pré qualification

 

- Un besoin de suivi de proximité pour sortir de la spirale du chômage. »

http://www.espoir-banlieues.fr/IMG/pdf/Discours_integal-Nicolas_Sarkozy_08-02-08_cle611183.pdf

http://i.ville.gouv.fr/divbib/doc/discoursMinistreSPV24042008.pdf

Loi de cohésion sociale de Borloo en 2005.

http://www.espoir-banlieues.fr/article.php3?id_article=119

  www.minefe.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/plan_espoirs_banlieues/fiche_contrat_autonomie.pdf

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 16:47

Bibliographie sur la mission locale.

 

Abhervé M., Missions locales : vingt ans d’actions concrètes avec et pour les jeunes, Éditions Juris Services, 2002.

 

Balazs G., « L’occupationnel », in Bourdieu P., La misère du monde, Paris, Le Seuil, 1993.

 

Beaud S, « Chapitre premier des jeunes en quête d'emplois (observations à la mission locale) » in Beaud  S. et Pialoux M. Violences urbaines, violence sociale : Genèse de nouvelles classes dangereuses, Fayard, 2003.

 

Beaud S, « Un cas de sauvetage social. Histoire d’une « jeune précaire » racontée par un conseiller de mission locale », Travail et emploi n°80, septembre 1999.

 

Beaud S., « Stage ou formation ? Les enjeux d'un malentendu. Notes ethnographiques sur une Mission Locale pour l'Emploi » Travail et emploi, n°62, avril-juin 1996.

 

Bregeon P., A quoi servent les professionnels de l’insertion ? , L’Harmattan, 2008.

 

Guyennot C., chapitre X « Les agents de l’insertion et leurs publics » in Charlot, B., Glasman D., (dir.), Les jeunes, l’insertion, l’emploi, Paris, PUF, coll. « Éducation et formation. Biennales de l’éducation », 1999.

 

Farvaque N., L’encadrement des acteurs locaux de l’insertion des jeunes en France in J.-M. Bonvin, F. Varone, « La Nouvelle Gestion Publique »,  Les Politiques Sociales, 1-2, n° spécial, 2004.

 

Labbé P., Les bricoleurs de l’indicible. De l’insertion en général, des missions locales en particulier, tome 1, Éditions Apogée, 2003.

 

Lima L., « Les principes de justice des politiques d’insertion des jeunes à l’épreuve des trajectoires : les effets politiques d’une révolution cognitive », Communication au 2ème Congrès de l’AFS, Bordeaux, 5-8 septembre 2006.

 

Jellab A., « De l'insertion à la socialisation. Mission Locale, jeunes 16-25 ans et problématique de l'exclusion », Formation emploi, 1998.

 

Jellab A., Le travail d’insertion en Mission Locale, L’Harmattan, 1997.

 

Zunigo X., « L'apprentissage des possibles professionnels. Logiques et effets sociaux des missions locales pour l'emploi des jeunes », Sociétés contemporaines, n. 70, 2008.

 

Zunigo X., Le travail d’insertion sociale et professionnelle en Mission Locale, mémoire EHESS sous la direction de Robert Castel, 2000.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 00:22

Des Protocoles 2000 et 2005 marquent l’apparition des ressources humaines et intensifient l’évaluation.

 

La partie ressources humaines du protocole 2000 souligne une volonté d’homogénéisation et d'amélioration de la qualité dans le but de rendre le travail d’accompagnement des jeunes plus efficace.

 

Le protocole 2005 accentue le développement du professionnalisme des salariés des missions locales en s’appuyant sur la convention collective de 2001 et sur un plan de formation des personnels. Une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences est à prévoir dans le cadre du recrutement des salariés.

 

L’évaluation s’impose dans le travail social et particulièrement dans les dispositifs d’insertion pour Jacques Ion. Les pouvoirs publics cherchent à savoir de quelle manière sont utilisés les financements.

 

L’informatisation de l’accompagnement avec le logiciel Parcours sert à contrôler les jeunes mais aussi les conseillers.

 

Parcours retrace l’historique de chaque contact entretenu entre les jeunes et les missions locales.

 

Parcours est un moyen formel pour retracer le parcours et connaître les actualités des jeunes mais aussi un moyen informel de contrôle de l’accompagnement proposée par les conseillers.

 

Avec Parcours, il est possible d’établir pour chaque conseiller individuellement un détail de son activité donc de sa performance à insérer les jeunes.

 

Les conseillers ont des objectifs en matière d’inscription dans les dispositifs d’insertion chaque année. Ils doivent aussi recevoir chaque jeunes au moins huit fois par an.

 

Les missions locales sont engagées dans une démarche qualité depuis 2002. Des groupes de travail, composés de conseillers et animés par les chargés de projets ou des conseillers de niveau 2, élaborent une démarche de diagnostic personnalisé et partagé.

 

La démarche qualité n’a pas vocation à homogénéiser les pratiques, c’est un outil d’harmonisation en vue d’une mise cohérence des différents profils atypiques des conseillers.

Ion J., Le travail social au singulier, Paris, Dunod, 1998.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 17:56

La dégradation visible de la situation des jeunes dans les années 1980 implique un recrutement plus important de salariés non mis à disposition.

 

Davantage de jeunes sans diplôme et sans emploi ont eu besoin d’être accompagnés pour ne pas se retrouver dans une situation de marginalisation.

 

Un travail normatif avec des objectifs à atteindre émerge avec la charte des missions locales en 1990.

 

Cette charte rappelle la coexistence d’un personnel mis à disposition avec des salariés de la ML. La charte insiste sur la construction d’un « itinéraire » avec les jeunes pour qu’ils deviennent des citoyens autonomes et responsables. Le travail des conseillers n’est plus seulement thérapeutique par une transformation sociale, il est devenu normatif.


Le programme TRACE (Trajet d’Accès à l’Emploi) en 1998 a encadré le travail des conseillers en leur imposant de devenir des « relais » de la politique nationale de l’emploi au niveau local pour « homogénéiser » les pratiques d’accompagnement. TRACE a fixé aux missions locales des objectifs à atteindre vers l’emploi durable qui sont déclinés à l’échelle des conseillers.

 

En 2001, la convention collective des missions locales cherchait à fixer un statut aux conseillers afin d’établir un référentiel commun de compétences face à l’hétérogénéité des pratiques sur le territoire. Les conseillers se sont vus attribuer une série d’objectifs de nature diverses à interpréter. La convention collective a fixé un intitulé Conseiller en Insertion Sociale et Professionnelle (CISP) qui correspond à deux emplois repères le CISP de niveau 1 et le CISP de niveau 2, c’est un nouveau brouillage du métier.

La convention collective ne précise pas une formation spécialisée requise pour le métier de conseiller. La politique de recrutement des missions locales est basée sur une « pluralité des profils et des expériences » atypiques. Le parcours antérieur des conseillers détermine une spécialisation informelle au sein de la mission locale en mobilisant des relations ou des compétences d’un emploi précédent.

 

Pendant l’entretien d’embauche le directeur de la mission locale teste la motivation des conseillers pour connaitre leur degré de « sensibilisation au problème de l’insertion » et « leur capacité d’investissement » pour lutter contre le chômage des jeunes, c’est le côté militant. Les conseillers motivent les jeunes à intégrer des parcours d’insertion. Le « relationnel » est important pour nouer une relation de confiance avec les jeunes par l’écoute. C’est l’aspect « fibre sociale » pouvant s’exprimer par de l’empathie en ressentant les émotions des jeunes et en agissant comme un soutien psychologique. C’est un métier qui s’apprend sur le tas notamment les techniques d’entretien.


Farvaque N., L’encadrement des acteurs locaux de l’insertion des jeunes en France in J.-M. Bonvin, F. Varone, « La Nouvelle Gestion Publique »,  Les Politiques Sociales, 1-2, n° spécial, 2004. 

Convention collective nationale des missions locales et PAIO, des maisons de l'emploi et PLIE du 21 février 2001. Etendue par arrêté du 27 décembre 2001, JO du 1er janvier 2002).

Baron C. et alii, Les missions locales et l’innovation, Centre d’Études de l’Emploi, 2004.


Beaud S., Op. Cit.

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 20:27
Voici une action de l'Union Nationale des Missions Locales que je cite.

(source : UNML)

" Coup d’envoi de la mobilisation pour valoriser l’accompagnement global apporté aux jeunes par les équipes des missions locales / PAIO.

Les jeunes sont les premières victimes de la crise économique et ont de plus en plus de mal à accéder à l'emploi. Dans ce contexte, les missions locales / PAIO, structures uniques dédiées à l'insertion des jeunes, ont plus que jamais un rôle important à jouer.

L'Union nationale des missions locales (UNML) et les représentants de la branche professionnelle missions locales / PAIO ont donc décidé de lancer une campagne pour faire prendre conscience à tous, et spécifiquement aux pouvoirs publics, de l’ampleur de la question de l’insertion des jeunes ainsi que du travail assuré par les équipes des missions locales / PAIO."

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 20:39

Bertrand Schwartz avait émis le désir que des professionnels salariés de diverses structures travaillent ensemble dans des petites équipes « chacun apportant ses compétences, son réseau relationnel et sa méthode de travail. ». Ce souhait se concrétise dans la circulaire du 9 avril 1982 : « Chaque mission locale est composé d’une équipe pluridisciplinaire, composé à partir des personnels de l’éducation nationale, de l’ANPE, de l’AFPA, des travailleurs sociaux et des animateurs. »

 

Guerin-Plantin décrit ce procédé comme une constitution de « dynamiques locales » existantes formant une équipe « métasecteur » pour éviter une sectorisation du traitement des jeunes d’où l’approche globale. Les mises à disposition signifiaient que du personnel d’une structure qu’elle rémunère était détachée pour une autre. Selon Guerin-Plantin, la compétence n’était pas relative à un métier mais à une appartenance institutionnelle.

 

Ces mises à disposition ont été un échec quantitatif qui n’a pas abouti à la création d’une équipe technique croisant ses connaissances et ses pratiques. Une multitude de problèmes est apparue avec des professionnels aux statuts différents. Les agents mis à disposition étaient débutants, sans expériences, ne connaissant pas assez leur structure d’origine.

 

Les missions locales ont du recruter leur propre personnel pour combler le manque d’effectif

 

Les profils de poste et les critères de recrutement n’étaient pas définis. Les conseillers étaient recrutés à partir de leur motivation et de leur expérience.

 

La voie accès et de passage au métier de conseiller était alors le militantisme dans une association, un syndicat ou dans un parti politique. Il y avait une hétérogénéité des formations, des origines sociales et des parcours professionnels défavorable à la constitution d’une profession. La qualification était existentielle, spécifique ou issue du travail social.


Abhervé M., Missions locales : vingt ans d’actions concrètes avec et pour les jeunes, Éditions Juris Services, 2002, p. 71.

Guerin-Plantin C., Genèse de l'insertion, L'action publique indéfinie, Dunod, 1999.

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 16:42

Robert Castel identifie la naissance des politiques d’insertion avec les trois rapports du début des années 1980 axés sur les jeunes dont celui de Schwartz. Ces rapports préconisent une méthodologie commune avec des politiques transversales, une intervention globale et une gestion territoriale des problèmes.

 

Schwartz a appliqué ces principes pour accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle et sociale en préconisant : un accompagnement local, global et individualisé.

 

Schwartz soutient l’importance de créer un « dispositif d’animation au plus près des jeunes » en créant une structure. Cette structure doit répondre à quatre fonctions : connaître les difficultés et les attentes des jeunes d’un territoire, avoir une « fonction d’accueil et d’orientation », créer des partenariats avec des entreprises du bassin d’emploi et faire collaborer des professionnels de l’insertion.

 

Simon Whul parle d’une « territorialisation de l’insertion professionnelle et sociale stratégique pour l’emploi en prenant en considération la réalité locale par des méthodes pédagogiques dans les quartiers.

 

Cette gestion locale intègre une globalisation de l’intervention par un « guichet unique ».

 

Schwartz part du postulat que des professionnels de l’insertion doivent apporter une réponse globale en prenant en considération toutes les composantes de la vie des jeunes. Il n’est plus possible d’isoler chaque partie de la vie des jeunes. Schwartz parle alors d’un « guichet unique » animé par un conseiller.

 

Ce guichet unique est marqué une individualisation des parcours.

 

L’accompagnement des jeunes par les référents doit consister à de l’accueil, de l’information, de l’orientation et du suivi dans les dispositifs existants.

 

L’individualisation des parcours se formalise en 1989 avec le Crédit Formation Individualisé (CFI).

Castel R., Les métamorphoses de la question sociale, une chronique du salariat, Ed. Fayard, 1995

Schwartz B., L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, la documentation Française, 1981.

Dubedout H., Ensemble refaire la ville, la documentation Française, 1983, instituant la politique de la ville.

Bonnemaison G., Prévention, répression, solidarité, la documentation Française, 1983, sur la délinquance dans les quartiers.

Schwartz B., Op. Cit, p. 138.

Wuhl S., Insertion : les politiques en crise, Presses Universitaires de France, 1996.

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 19:03
Claude Dubar s’est intéressé à la construction sociale de l’insertion professionnelle dans La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin, 1991. Je cite Claude Trottier qui synthétise le raisonnement de Dubar dans « La sociologie de l’éducation et l’insertion professionnelle des jeunes », Éducation et Sociétés, 2001.
« Pour Dubar, le processus d’insertion n’est pas défini d’abord en termes de stabilisation sur le marché du travail, mais comme un processus par lequel un individu construit son identité. Cette construction résulte de l’articulation de deux processus identitaires hétérogènes.
Le premier a trait à une transaction « interne » à l’individu, à l’incorporation de l’identité par l’individu lui-même construit à partir des expériences scolaires et professionnelles à travers lesquelles il est arrivé à une définition de lui-même. La construction de l’identité pour soi apparaît ainsi comme le résultat d’un processus biographique.

Le deuxième processus renvoie à une transaction « externe » entre l’individu et les institutions avec lesquelles il est en interaction, et concerne l’identité pour autrui, l’attribution de l’identité par les institutions et les agents qui sont en interaction avec lui.

La construction de l’identité dépend aussi de ce processus relationnel. La sortie du système scolaire et l’entrée sur le marché du travail constituent, selon Dubar, un moment essentiel de la construction de l’identité. Certes l’ensemble des décisions d’orientation plus ou moins forcées ou assumées contribue à façonner l’identité d’un individu. Toutefois, la construction de l’identité n’est pas nécessairement achevée à la sortie du système d’enseignement. C’est au moment de la confrontation avec le marché du travail que ses compétences lui sont reconnues, qu’un statut lui est conféré, que les possibilités de carrière se précisent, bref que son identité professionnelle se trouve confirmer par le jugement d’autrui. »

 
Si on se réfère à l’analyse de Dubar on ne peut pas considérer les jeunes des missions locales comme des jeunes n'ayant pas de savoirs, d'expériences ou de ressources. Les jeunes construisent leur identité à partir de leur trajectoire biographique, scolaire et professionnelle mais aussi à partir des interactions avec les conseillers en insertion et à partir de l’identité attribuée par la mission locale.

 

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